Nous poursuivons ce mois-ci l’exploration des unités temporelles avec une des petites d’entre elles, la minute. La minute constitue la soixantième partie de l’heure. Elle est composée elle-même de soixante secondes. Nous reviendrons en automne sur cette dernière subdivision du temps.

 

Voyons d’abord l’origine du mot, son étymologie. Comme on peut s’y attendre souvent en ce qui concerne la langue française, le terme minute provient du latin, en ce cas-ci minutus, participe passé du verbe minuere signifiant amoindrir, rendre plus petit. Ce même verbe émane de minus pour moins. Il s’agit donc d’une petite mesure, une petite portion d’une plus grande unité, comme l’heure ou le jour. Par extension, le mot signifie un court laps de temps, comme dans la phrase ça ne prendra qu’une minute, ou un bref moment intense comme dans J’ai connu alors une minute d’angoisse… de félicité.

 

Bien des expressions intègrent le mot minute et lui conservent sa saveur, sa connotation temporelle. Quand on s’impatiente, ou qu’on s’embête, on dira qu’on en est (réduit) à compter les minutes. Dans une situation d’urgence, on affirmera que c’est une question de minutes, il faut agir sans tarder, immédiatement, il n’y a pas une minute à perdre. Si un moment crucial est arrivé et qu’une information importante s’apprête à être révélée, la minute de vérité s’est peut-être pointée.

 

Si une situation ou une affaire n’arrête pas de changer, on indiquera qu’elle évolue de minute en minute. D’une personne ou d’une situation imprévisible, on dira qu’on ne peut anticiper le comportement ou la suite des choses d’une minute à l’autre. Il est question d’un service rapide dans certains métiers, on apposera minute, ainsi on pourra voir clé minute, talon minute ou pourquoi pas portrait minute qu’on vous propose sur la rue du Trésor à Québec ou les quais de Paris! Dans la même lignée, qui ne connaît pas la cocotte-minute, permettant la cuisson rapide d’aliments à la vapeur sous pression ?

 

À quelqu’un qui veut aller trop vite dans un dossier, ou dont on ne partage pas l’analyse, on interjettera sans crainte minute papillon, ou encore, très familièrement et plutôt négativement minute moumoute. Sous l’influence de l’anglais, on utilise à tort minutes pour désigner le compte-rendu, le procès-verbal d’une réunion. À cet égard, le terme minute(s) est réservé au domaine juridique et réfère à l’original d’un document notarié conservé par le notaire. Pour comprendre le lien sémantique, signalons que ces textes avaient l’habitude d’être écrits en caractères petits, menus.

 

Plusieurs mots découlent de minute, ou y sont apparentés par l’origine. On retrouve minuter, qui consiste à organiser une activité particulière dans un horaire précis, à la minute près. Il y a aussi minuterie et minuteur, plus techniques, reliés à l’horlogerie et à la programmation temporelle d’appareils variés. Étroitement associé à minute est le terme minutie (et ses compagnons minutieux, minutieusement) qui évoque le souci du détail, caractérisé parfois par l’exagération, voire l’obsession. Si on est trop minutieux, on pourrait nous accuser d’être pointilleux, tatillon, vétilleux et quoi encore! Dans le prochain numéro, nous consacrerons quelques minutes à la naine de l’équipe temporelle, la brève seconde.

 

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