La semaine est une subdivision conventionnelle du mois et de l’année. Elle comprend sept jours et tire son appellation du latin septimanus. On aura reconnu le chiffre sept. On détecte plus facilement le nombre dans l’italien settimana. Mais, me direz-vous, d’où vient hebdomadaire, pour signifier une activité ou une parution chaque semaine ? Il nous faut alors recourir à l’autre source principale du français, le grec. En effet, le mot découle de hebdomas (semaine), lui-même incorporant l’élément hepta (sept).

 

Le seul autre terme lié à semaine est semainier. Il désigne chez nous le feuillet hebdomadaire distribué par la paroisse et contenant de l’information sur le culte et autres matières religieuses. Mais il peut s’appliquer aussi à une personne fournissant un service pendant une semaine (on dit aussi hebdomadier) dans une institution, une communauté religieuse. Il peut également désigner un agenda ou calendrier de bureau, un petit meuble à tiroirs ou encore un bracelet composé de sept anneaux.

 

Parenthèse, le groupe musical Harmonium n’a pas hésité à créer un néologisme, s’inspirant du radical hepta, Heptade, pour un album sorti le 15 novembre 1976, jour de la victoire électorale du Parti Québécois (coïncidence!). Le groupe comptait à l’époque sept musiciens. Et, de son côté, le cinéaste Denis Villeneuve a de même fait appel à cette racine, dans L’Arrivée, pour désigner les entités extraterrestres sous le vocable Heptapodes, dont l’écriture se transcrit au moyen de sept membres linéaires.

 

Semaine se prête aussi à nombre d’expressions. On parlera de la gestion de dossiers ou des finances, tant publics que privés, comme se faisant à la petite semaine. On veut dire par là que c’est à court terme, sans plan d’ensemble, dépourvu d’objectifs clairs. Et, lorsque l’on peine à boucler le budget, on connaît… des fins de mois difficiles! Qui n’a pas utilisé ou entendu l’expression dans la semaine des quatre jeudis ? On signifiera là qu’une situation n’arrivera jamais, ne se matérialisera pas, bref qu’elle appartient au domaine du rêve. L’expression a subi l’inflation verbale au gré des siècles puisqu’on a parlé de la semaine des deux jeudis, puis des trois jeudis. Celle des quatre jeudis remonte à la fin du 19e siècle. À cette époque, le calendrier scolaire en France a été modifié, statuant que, outre le dimanche, le jeudi il n’y aurait pas classe. Alors, les écoliers qui rêvaient de longs congés et loisirs aspiraient à une semaine scolaire où il y aurait quatre jours de congé, vœu tout à fait inaccessible.

 

Couramment employé est le binôme fin de semaine, pour parler de l’ensemble samedi et dimanche qui suit les cinq jours ouvrables. Bien sûr, le week-end se fait envahissant, à la faveur de l’anglais martelant et de la mode en France d’émailler le langage de mots et expressions en usage au pays de l’oncle Sam. Je ne vois pas ce que week-end ajoute à la compréhension (à part le fait que le trait d’union en fait un seul mot), puisqu’il signifie tout simplement… fin de semaine!

 

Dans le prochain numéro, nous aborderons la mesure quotidienne de notre vie, le jour, qui incarne le rythme circadien.

 

Communiquez avec moi par courriel gdesbiens@journal-le-sentier.ca ou sur le site Facebook du journal Le Sentier pour nous faire part de vos commentaires, ou de suggestions de sujets/thèmes à traiter. https://www.facebook.com/Journal-Le-Sentier-24032601631868