En janvier, nous avons abordé le vocabulaire associé à l’unité temporelle qui scande notre vie, l’année ou l’an. Réduisons l’échelle de notre horizon pour considérer le paramètre de durée qu’est le mois, lequel constitue avec la semaine et le jour les éléments du calendrier.

 

Certains pourraient s’interroger sur l’origine de cette appellation, calendrier. Cela est lié au fait que, dans l’Antiquité romaine, existait un registre que l’on compilait sur un support prénommé calendes (tableau sur une tablette!) où l’on consignait les prêts et les emprunts, pour lesquels les intérêts venaient à échéance le premier jour du mois. Le terme en est venu ainsi à s’appliquer à ce jour-là lui-même, où l’on était en mesure de consulter les calendes. Par transposition, ce registre calendaire, ou calendrier en est venu à désigner la structuration de l’année elle-même. En rapport avec ce terme, on entendra à l’occasion, à propos d’un projet, qu’on a dû le renvoyer, le remettre aux calendes grecques (en latin, ad calendas grecas). On indique de la sorte que cela n’arrivera jamais, car il n’y avait pas de calendes chez les Grecs.

 

Les mois, à la déclinaison annuelle à la douzaine, font ménage à trois pour chacune des quatre saisons. Certes, chacune d’entre elles touche à quatre mois, mais ne dure que l’espace de trois mois. Le mot mois provient du latin mens, qui a généré mensuel, mensualité, trimestre, semestre et, oui Mesdames, menstruation (les dictionnaires donnent le mot au singulier), une récurrence mensuelle accrochée au cycle lunaire.

 

Quelques expressions ou références mettent à l’honneur l’un ou l’autre des mois qui émaillent l’année. On a souvent mentionné que les généraux Janvier et Février avaient causé la défaite napoléonienne lors de la campagne de Russie, tout comme ils entraîneront quelque cent trente ans plus tard, pour une bonne part, la déroute des armées hitlériennes. Bien sûr, cela évoque le froid intense de l’hiver russe qui a contribué à l’échec des tentatives d’invasion du territoire russe.

 

Pour évoquer l’inéluctabilité d’un événement, on affirmera que cela devait arriver comme mars en carême. En effet, le mois de mars touchera inévitablement, en partie, la période du carême, peu importe la fourchette pascale (variance de la date où Pâques est célébré). En avril, ne te découvre pas d’un fil suggère qu’il ne faut pas trop vite endosser des vêtements légers à l’arrivée du réchauffement printanier, la prudence est de mise. Mai, le joli mois de mai, vient à la rescousse, car ne dit-on pas en mai, fais ce qu’il te plaît, tenue vestimentaire, s’entend.

 

Juin, avec son solstice, confirme la venue de la saison estivale, marquée par les feux de la Saint-Jean. Juillet et août ont vu l’émergence, chez nos cousins de l’Hexagone, des termes juillettistes et aoûtiens pour qualifier les vacanciers français qui, par dizaines de milliers, prennent le chemin de la détente annuelle. Et l’on assiste fin juillet début août au chassé-croisé de ceux qui partent et de ceux qui reviennent. Et, le 16 août, ne dit-on pas, à la blague, que c’est la fête de ces amicaux félins domestiques, les chats, bonne mi-août… !

 

Septembre sonne la fin des grandes vacances, la rentrée scolaire, et le glas (officiel) de l’été. Octobre, quant à lui, nous offre l’été indien (du moins, on l’espère chaque année), l’Action de grâce et l’Hallowe’en. En raison du calendrier russe décalé à l’époque, la Révolution d’Octobre 1917 a eu lieu… en novembre, selon le calendrier prédominant.  Novembre et décembre, l’hiver prend graduellement ses quartiers et s’installe… et le cycle recommence.

 

Dans la prochaine édition, nous nous consacrerons à la semaine.

 

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