À la faveur de l’année qui vient de basculer et de la nouvelle qui s’entame, j’en profite pour vous transmettre mes meilleurs vœux pour l’An nouveau, qu’il soit fructueux à tous égards. Le moment est aussi bien choisi pour passer en revue quelques expressions et termes mettant en vedette l’an, né ou à naître, et l’année, courante ou à venir.

 

À tout seigneur, tout honneur, nous débuterons par le jour de l’An. Vous aurez compris qu’il s’agit là d’un raccourci. Car chaque jour qui passe est en soi un jour de l’an(née) en cours. On sous-entend ici que c’est le (premier) jour de l’an (nouveau). On entend souvent le premier de l’An, en substitution au jour de l’An. On dit aussi le Nouvel An, occasionnellement l’An neuf, et on se souhaite bien sûr une bonne (et heureuse) Année…

 

Formellement, l’an, ou l’année correspond à la durée, au temps que met la Terre à parcourir une orbite, une révolution complète autour du Soleil. L’année-lumière, quant à elle, est la distance parcourue par la lumière en un an, à raison de 300,000 kilomètres à la seconde, soit près de 9,500 milliards de kilomètres. Ce n’est pas la porte à côté!

 

Pour ce qui est de l’année bissextile, elle réfère à l’année où l’on ajoute une journée, tous les quatre ans, au mois de février. Chez les Romains, cette année-là, on ajoutait une deuxième fois (bis) la sixième (sextus) journée avant les calendes (le premier jour) de mars. Ce jour-là ne portait pas chance, il n’était pas faste, il était néfaste! Les natifs du 29 février, comme ma belle-sœur, en savent quelque chose, eux qui ne peuvent célébrer véritablement leur anniversaire qu’une fois tous les quatre ans…!

 

D’aucuns entendent bien s’en moquer comme de l’an quarante, signifiant qu’il n’y a rien à craindre, la situation appréhendée n’arrivera jamais. L’origine reste obscure et non concluante. Certains l’attribueraient aux partisans royalistes, après la Révolution française, qui ne croyaient pas du tout que la nouvelle République survivrait jusqu’à (fêter) ses quarante ans.

 

On verra aussi des expressions vieillies comme en l’an de grâce, ou en l’an de Notre-Seigneur. Elles veulent dire que les dates citées appartiennent à l’ère chrétienne. Dans les textes anglais, on utilisera les initiales A. D. (c’est un binôme latin Anno Domini, c’est-à-dire en l’année du Seigneur) pour signaler que la date s’inscrit dans l’ère après Jésus-Christ.

 

On a recouru à l’expression les années folles pour décrire la dizaine d’années qui a suivi la Première Guerre mondiale jusqu’au krach boursier et économique de 1929. Ce fut une période fertile, côté culturel et artistique, marquée par la montée de l’influence du Nouveau Monde (Amérique du Nord) en Europe, surtout à Paris. Après l’hécatombe de la Grande Guerre, les gens ont repris le goût de vivre et de s’amuser. Le charleston, danse et musique au style débridé et enjoué, a illustré cette période.

 

Dans nos vies, il se peut que nous connaissions une année difficile marquée d’une ou plusieurs épreuves sérieuses, nous qualifions ces douze mois d’année de tous les dangers, voire d’année horrible. Le monde anglo-saxon fait appel au latin annus horribilis, pour en renforcer la désignation. La reine Élisabeth en a traversé une, l’année 1997, celle de la mort de la princesse Diana, marquée par une certaine désaffection et un certain malaise de la population britannique à l’égard de la monarchie, résultant d’une apparente insensibilité ou indifférence du palais de Buckingham envers la princesse du peuple disparue.

 

Le parcours d’une vie se décline au fil des ans. On se rappelle avec nostalgie nos premières années, celles de l’enfance, nos jeunes années, celles de l’adolescence et de la jeune vie adulte. On évoque aussi le mitan de la vie, de la mi-trentaine à la fin de la quarantaine, l’âge mûr. Bien que le terme mitan ne renvoie pas au temps, on ne peut s’empêcher d’entendre la mi-temps, le temps du milieu, les ans du milieu. Ensuite, le temps fera son œuvre et force nous sera de ressentir les avanies, le poids des ans, de nos vieilles années, avant de passer de vie à trépas…!

 

Mais, pour l’instant, la vie poursuit son petit bonhomme de chemin, bon an mal an, dira-t-on. Jolie expression qui souligne qu’il y a, dans la vie, des années bonnes, des années moins bonnes, mauvaises, mais, consolons-nous, cette courbe sinusoïdale nous assure une moyenne. Une année compense l’autre. Et l’on y (re)trouve son reste. Encore une fois, bonne Année!

 

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