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Documentaire Le jardinier Un homme et son jardin

 

La tour du pigeonnier et son reflet dans l’étang.

Grâce au documentaire Le jardinier’, le ciné-club de Prévost nous a offert le 25 mai une incursion dans un des plus beaux jardins privés au monde : les jardins de Quatre-Vents (aussi appelés jardins Cabot). Situés au Québec, à Pointe-au-Pic dans la région de la Malbaie, il sont l’œuvre de Francis Cabot, célèbre horticulteur qui décrit dans ce documentaire, peu de temps avant sa mort, sa philosophie personnelle du jardin parfait.

Francis (ou Frank) Cabot était issu de la haute aristocratie de la côte est américaine. Enfant, sa famille possédait une maison d’été à Pointe-au-Pic avec un vaste domaine de 8 hectares (20 acres). Très jeune, il observait sa grand-mère et sa mère y jardiner. Cette région de Charlevoix jouit d’un climat de zone 4, ce qui donne un potentiel intéressant au niveau de l’horticulture. La passion du jardinage que Francis Cabot s’est découvert vers 50 ans, au point d’en délaisser le monde des affaires, a possiblement germé dans ces souvenirs d’enfance. Dans les années 70, Francis Cabot a donc décidé de se lancer dans l’aménagement paysager du domaine familial de Pointe-au-Pic reçu en héritage.

 

 

Le jardinier créateur
Pour créer un jardin, il faut d’abord écouter le site, ce qu’il veut nous raconter. « Si vous écoutez attentivement, c’est lui qui vous dicte la marche à suivre. » affirme Francis Cabot. Ce dernier estime aussi que jardiner est la relation la plus intime qu’on puisse avoir avec la nature, en remuant la terre, en touchant les végétaux, en se réjouissant de leurs progrès et en y apportant toute notre attention.

Créer un jardin, c’est aussi exprimer sa créativité, l’artiste en soi. Un jardin reflète l’âme de la personne qui l’a créé. À ce propos, Penelope Hobhouse, sommité internationale des jardins anglais également interrogée dans le documentaire, qualifie l’oeuvre de Francis Cabot de « jardin théâtral à son meilleur ». « Ses jardins sont un brin excentriques… comme il l’était.»

L’excentricité est en effet une des caractéristiques des jardins de Quatre-Vents. On y retrouve, notamment, un pont suspendu en corde, un pavillon japonais, une tour, des étangs, des haies de cèdres taillées en forme de bancs, des représentations d’animaux comme ces sculptures de grenouilles … jouant du jazz. On y trouve évidemment une multitude de vivaces, comme les delphiniums dont Francis Cabot dit « qu’il n’y en a jamais assez dans un jardin », et aussi des plantes exotiques provenant de pays visités par le jardinier, comme le Népal.

Selon lui, créer un jardin, c’est aussi une façon de protéger la nature face aux projets de développements qui la menacent. À cet égard, il a créé une fondation qui soutient les grands jardins privés américains en danger de disparition.

L’excentricité est une des caractéristiques des jardins de Quatre-Vents, comme cet orchestre jazz amphibien.

Visiter le jardin d’Éden
Un jardin est parfait, selon Francis Cabot, lorsqu’il éveille et exalte tous nos sens par la beauté qu’il offre à voir, à sentir, à toucher et à entendre. Un jardin parfait suscite aussi une variété d’émotions : émerveillement, joie, surprise, étonnement. Un jardin se ressent.

Toujours selon le célèbre jardinier, la meilleure façon de visiter un jardin est lentement et dans le silence. « Quelle malchance de s’y promener avec une personne bavarde ! » dit-il. Si on se laisser toucher et imprégner de la beauté dégagée par le jardin, la visite devient alors une expérience thérapeutique pour le corps et pour l’âme. On devrait pouvoir y oublier tous nos soucis et en ressortir transformé. « Mon plus grand bonheur est de penser que les jardins de Quatre-Vents ont touché l’âme de quelqu’un » confie le créateur de ces jardins enchantés. Ce fut probablement le cas pour les milliers de personnes qui les ont visités !
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1- Du réalisateur québécois Sébastien Chabot

Auteur de l'article