Les Fêtes sont maintenant derrière nous.  Le moment est peut-être bien choisi pour explorer les mots fête et anniversaire.  D’autant plus que notre/votre journal marquera cette année ses trente-cinq ans d’existence et de vie et que moi-même j’ai déjà franchi légèrement le double de ce cap, il y a moins de deux semaines.

 

Il y a fête, fêtes et anniversaire.  Analysons, si vous le voulez bien, ce singulier ménage à trois.  En un mot ou deux, qu’évoque chacun de ces termes ?  Fête connote célébration, réjouissance.  Fêtes s’associe à multiplicité, ampleur, durée.  Anniversaire renvoie à commémoration d’un jour particulier.  Étudions maintenant plus à fond chacun des éléments de cette triade.

 

De la fête en tête…

Le mot fête tire son origine de l’adjectif latin féminin festa ‘de fête’, sous-entendu jour ou activité de fête.  On sait que le es se transcrit souvent du latin au français en ê.  Ainsi fenêtre s’écrivait anciennement fenestre.  D’ailleurs, on a encore des mots ayant conservé le es comme fenestration, défenestrer.

Qui dit fête dit célébration, réjouissance.  Celle-ci peut être religieuse comme Pâques, l’Ascension, la Fête-Dieu, l’Assomption, la Toussaint…  Elle donne lieu à des cérémonies plus élaborées, les officiants portant des vêtements rituels plus luxueux.  C’est également le jour où on souligne le saint patron d’une personne, la Sainte-Cécile, la Saint-Hubert, par exemple.

La fête peut aussi être civile, comme la fête nationale d’un pays, la rencontre agréable d’une entreprise, d’un groupe formel ou informel.  La fête du Travail est de nature civile.  La fête peut aussi être populaire, comme la kermesse, la foire parfois.

Avec un ‘s’, la fête se pluralise, s’amplifie, s’intensifie.  Les fêtes, dès l’Antiquité, concernaient la religion, comme les panathénées chez les Grecs en l’honneur de la déesse Athéna, ou comme les bacchanales chez les Romains célébrant Bacchus, la divinité de la vigne, empruntée des Grecs (Dionysos ou Bacchos).  Il est vrai que le sens de bacchanale a évolué aujourd’hui davantage vers mœurs dissolues.

Au temps de Louis XIV, les fêtes de Versailles donnaient lieu à un ensemble de réjouissances et manifestations diverses, dont les célèbres grandes Eaux.  Plus près de nous, les fêtes du 375e anniversaire de Montréal viennent tout juste de prendre fin.  Vient aussi de se terminer , ici, le temps des Fêtes, correspondant aux célébrations marquant Noël et le nouvel An.  En France, on le désigne simplement comme les Fêtes de fin d’année.

Plusieurs mots ont dérivé de fête et de sa source latine.  On trouve ainsi festin, un banquet, un repas de fête, festoyer faire ripaille ou bombance, festival, festif et festivité.  Il y a aussi feston élément décoratif de fête.  Et le petit dernier, et non le moindre, fêtard, devenu plutôt péjoratif, qui aime faire la fête, souvent et plutôt à l’excès.

Qu’en est-il du mot anniversaire ?  Il vient du latin anniversarius, signifiant qui revient tous les ans.  Il peut souligner une naissance, un mariage, un décès, un événement sociopolitique ou historique.  Anniversarius est un adjectif, on sous-entend dies, soit jour anniversaire.  L’adjectif s’est converti en substantif.  Les cartes d’anniversaire proposées dans le commerce diront bonne Fête, joyeuse Fête, mais d’autres disent correctement heureux Anniversaire, bon Anniversaire.  On pourrait penser que les premières signifient vraiment bonne fête d’anniversaire.

… à la tête en fête !

Et que fait-on pour marquer ce moment précis dans le temps ?  Je vous le donne en mille, mais vous l’aurez peut-être deviné, on célèbre, on fête, on fait la fête.  C’est possiblement le résultat de ce glissement de l’événement vers l’activité festive le soulignant, qui a amené le Québec et la Suisse à les confondre, à les fondre dans la même joie, la même réjouissance.  Les dictionnaires reconnaissent cette désignation comme un régionalisme, et non pas une faute contre l’esprit de la langue.

Tant qu’à y être, si l’on fête… sa fête, on le fait en grand, doublement tout au moins… !

 

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