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Hawaï (Big Island) c’est toujours mettre les pieds sur de la lave

Hawaï c’est un mot qui danse au rythme gracieux du hula*, qui évoque le doux balancement des palmiers sur fond de ciel bleu et de vagues énormes, mais y voyager c’est encore beaucoup plus envoûtant et plein de surprises… Il s’agit avant tout d’un monde de contrastes où les images idylliques et la nature splendide côtoient le fait de vivre dangereusement. Nous parlons ici de dangers extrêmes devant lesquels l’être humain se sent vulnérable et impuissant, tels les séismes, les éruptions volcaniques et les tsunamis.

 

Être au milieu de nulle part

L’avion semble réduire les distances, néanmoins l’archipel d’Hawaï est le plus isolé du monde. Il est situé à 4000 km du continent le plus proche et à au moins 2000 km d’une île habitée. Comme on pourrait dire, c’est être au milieu de l’océan et avoir la sensation d’être au milieu de nulle part.

On peut aisément imaginer le défi que cela représenta pour les premiers Hawaïens, venus des îles Marquises, il y a un millier d’années, en canots à double coque, navigant sur 4000 km et se fiant à la position des étoiles, du soleil et de la lune. L’archipel compte 137 îles et îlots, dont huit îles principales.

 

Une terre parmi les plus jeunes de la planète

Les volcans sont à l’origine de ces îles. Sous l’océan, la croûte terrestre est plus mince (10 km et moins). Ainsi depuis 70 millions d’années, le magma s’est infiltré dans les fissures et s’est figé au contact des eaux du Pacifique. À force d’accumulations de couches de lave sont nés des montagnes sous-océaniques et l’archipel hawaïen.

Big Island est une des terres les plus jeunes de la planète, elle s’est formée il y a 800 000 ans. Elle est au-dessus du point chaud, et continue de s’agrandir avec l’éruption du Kīlauea, quasi incessante depuis 1983, qui déverse ses flots de laves dans l’océan. Il a augmenté la superficie de l’île de quelques centaines d’hectares! L’archipel se déplace de 9 cm par an vers le Japon, avec la plaque tectonique, mais le point chaud demeure stationnaire.

Big Island, une île de contrastes

C’est évidemment l’île la plus grande de l’archipel. On y découvre les paysages les plus opposés qui soient. Sur la côte ensoleillée de Kona, notre regard se perd sur d’immenses étendues de lave noire qui n’en finissent plus, certaines adoucies par la légèreté des graminées dorées frissonnant dans le vent. Ailleurs, la végétation tropicale y est belle et très fleurie. Tantôt de lave, tantôt de sable, les plages sont toujours fascinantes même si la baignade n’est pas recommandée partout.

Sur la côte est, arrosée plus qu’abondamment grâce aux alizés, la végétation est luxuriante. La forêt pluviale spectaculaire, dense, est incroyable avec ses fougères arborescentes, ses ruisseaux et ses rivières ainsi que ses chutes magnifiques. La présence des pluies fait toute la différence entre la côte ouest et la côte est, car l’eau en s’infiltrant dans les fissures de lave permet l’apparition de la végétation. En effet, la lave hawaïenne ne favorise pas une vie prospère contrairement aux cendres volcaniques de certains volcans. La lave y est dure, et cimente le sol soit avec des coulées fluides comme de la tire d’érable chaude, qui plisse, s’étend, soit comme une énorme couche de pierrailles et de blocs chaotiques.

Il y a aussi les verts pâturages du nord de l’île avec ses ranches et ses cow-boys nommés pianolas et bien sûr le Parc des volcans au sud de l’île.

Et le Mauna Kėa, le Mauna Loa, le Kīlauea, me direz-vous? Ils constitueront le sujet d’un prochain article…

 

* hula : danse traditionnelle hawaïenne, qui ã l’origine servait à prier les dieux.