Il était une fois les grands voyages

Bien sûr, il y a ces grands voyages qui nous font parcourir le monde, découvrir d’autres civilisations, d’autres façons de vivre le quotidien, de se vêtir, de se nourrir, d’être poli ou d’entendre une langue différente de la sienne. Ces expéditions ne sont pourtant qu’un clin d’œil, un aperçu trop rapide de ce qui est différent de nous. On oublie souvent les magnifiques et multiples aventures que nous offre l’attention aux détails. S’attarder à regarder la vie autour de soi est aussi un voyage que nous oublions trop souvent de parcourir.

 

L’abeille qui s’abreuve dans la fleur d’un trèfle, les restants de pluie qui s’accrochent aux herbes, le soleil qui s’en va faire un jour ailleurs, les colibris qui se reposent sur un fil électrique, le chant des tourterelles aussi triste que leur nom, les merles qui se promènent en sautillant sur le gazon à la recherche de vers, les phragmites qui suivent la danse du vent, les courses des écureuils dont l’agilité émerveille, l’eau des fossés qui coule, presque riante après la pluie, la naissance de la vie après l’hiver, la générosité de la nature pendant l’été, la floraison de couleurs de nos arbres à l’automne, la géométrie aérienne des oiseaux qui s’en vont migrer ailleurs, la douceur d’une petite neige qui vient recouvrir la fadeur de la fin novembre sont tous des moments qui nous permettent de voyager si on s’attache aux mille et un détails de leurs intimités.

 

Il est facile de voyager autour de nous! Il suffit que notre regard s’ouvre à tous les grands et petits détails qui nous entourent. Périple de l’intime, de l’infini, de l’intériorité qui ouvre les yeux sur les magnificences qui ne cessent de se déployer autour de nous! Il suffit de descendre le boulevard des Hauteurs à l’automne pour se croire un petit insecte qui se promène à travers une effervescence de nuances qui ressemble un peu à une véritable boîte de crayons de couleur.  N’est-ce pas l’attention à tous ces petits et grands détails qui nous permet de savourer le temps qui passe et tous les miracles que cela engendre? N’est-ce pas là aussi un véritable voyage ?

Auteur de l'article