En énonçant des faits ou racontant des anecdotes, on peut améliorer sa façon de se faire comprendre dans le simple fait de créer des images mentales. Celles-ci permettront à l’émetteur de livrer son message, transmettre une idée ou une réflexion que l’on veut partager de façon plus descriptive ou simple.

Afin qu’un message soit mieux compris ou saisi, la langue française nous permet d’utiliser des métaphores ou des métonymies pour illustrer un propos par l’emploi d’expressions imagées. Toutefois, l’utilisation d’un langage imagé peut nous désarçonner complètement puisque leur signification n’est pas nécessairement en rapport direct avec le comportement ou le geste que l’on veut exprimer.

Une image vaut-elle 1000 mots?

Victor Hugo a dit que «toutes les lettres ont d’abord été des signes et tous les signes ont d’abord été des images». Vous trouverez ci-dessous une brève liste qui, après un simple examen, soulève beaucoup trop de questions :

Garde-fou (qui est le fou? Le fou au volant?)

Bateau-mouche (mouche? ceux de Paris sont gigantesques pourtant)

Noyer le poisson (en voulant en faire un peu trop?)

Manger sur le pouce (pas pour prendre un repas copieux)

Prendre la poudre d’escampette (cela veut dire s’enfuir en jetant de la poudre aux yeux?)

Se faire la main (en mettant son doigt dessus?)

Aux petites heures du matin (quelles sont les grandes heures du matin?)

Taille de guêpe (franchement est-ce possible à atteindre?)

Bailler aux corneilles (pourquoi elles en particulier?)

Toucher du bois (on préfère toucher son dérivé le papier…monnaie)

Préparer de longue main (un travail de longue haleine même à bras raccourcis)

Mais que penser aussi de se payer la traite, faire choux blanc, manque de pot, au pied de la lettre, beau comme un cœur, faire les 100 pas, faire long feu, mettre les voiles?

Obsolescence

La richesse d’une langue est de continuellement évoluer et de permettre l’introduction de nouvelles expressions pour bien transmettre le message (cyberattaque, vapoter, selfie ou plutôt égographie /autoportrait, bogue, texto). Mais voilà, plusieurs autres expressions par le poids des âges et la force des choses sont devenues totalement caduques ou désuètes.

Brillant comme un sou neuf : le sou ou la cenne n’existe plus au Canada depuis 2013

Coup d’épée dans l’eau : la probabilité d’utiliser ce substitut est très mince

Monter sur ces grands chevaux : à moins que ceux-ci soient des chevaux-vapeurs

Cela ne prend pas un cours classique pour comprendre : quelle chance car cette option n’existe plus

Quatre trente sous pour une piastre : une trente sous n’existait qu’au XVIIe siècle seulement

Tirer à boulets rouges: sur les déboires du bleu, blanc, rouge

Perdre son latin : pourtant bien des gens ne l’ont jamais appris

Sauter du coq à l’âne: on s’y perd à ce jeu

Mais aussi passer l’arme à gauche, enterrer la hache de guerre, croiser le fer, faire flèche de tout bois, tomber des hallebardes, éclairer ma lanterne.

La grande majorité des nouvelles générations n’ont probablement jamais eu l’opportunité d’entendre et encore moins utiliser ses allusions. Un vrai parcours du combattant pour eux. Dorénavant, les interlocuteurs devront porter attention à leur audience avant d’utiliser une expression pourtant bien illustrative.

Fichtre! Je ne vous conte pas fleurette, Tonnerre de Brest.