La « photosymbiose » de Marcel Cloutier

 

Le photographe hippolytois Marcel Cloutier expose ses Grands formats photographiques jusqu’au 8 mai à la salle multifonctionnelle de la bibliothèque.

« Rochers, mers, lacs et Montréal s’imbriquent pour susciter un regard… », peut-on lire sur la notice de présentation. Marcel Cloutier juxtapose des photos de nature, des images urbaines et des captations, créant ainsi des images recomposées en une association symbiotique qui révèle, alors, une tout autre signification.

Chasseur d’images

Natif du Saguenay, Marcel Cloutier a passé plus de 35 ans à Montréal. Il y travaille encore, bien qu’il soit installé à Saint-Hippolyte depuis cinq ans. Il est directeur de sites de tournage au cinéma. Après avoir lu le scénario d’un film, son travail consiste à écumer tous les coins et recoins de Montréal pour dénicher les endroits les plus propices au tournage de chaque scène en extérieur. Les sites repérés doivent être des lieux dégageant la bonne atmosphère, ceux qui correspondront le mieux à chacune des prises de vue, tant au niveau des paroles échangées par les comédiens qu’à l’émotion que le dialogue suscite. Marcel prend des centaines de clichés qu’il soumet ensuite au réalisateur. Il a ainsi, au fil des ans, participé à plus de 75 films et séries et à plus de 500 projets, publicitaires et autres.

 

 

Parcours
C’est dans la vingtaine, aux Beaux-Arts, que le photographe s’est découvert une passion pour la photo. Il aime tout autant prendre des clichés que les développer en chambre noire. Lauréat de nombreux prix et bourses, longtemps chargé de cours, il a déjà 33 expositions à son actif. Pour ses présentations publiques, sa façon de faire n’a pas changé. Il a toujours travaillé en analogique avec des négatifs qu’il imprimait en 4 » x 6 » avant de les agrandir.

Des triptyques
L’exposition Les grands formats photographiques a été présentée à Montréal en 2007. Il s’agissait alors d’une série de dix-sept grands triptyques verticaux de 44 » x 88 ». Il en avait encore six en sa possession. Il a souhaité les partager avec sa communauté d’adoption.

C’est par le montage de ses images disposées pleine hauteur, leur mise-en-place et leur présentation, qu’il nous livre son interprétation. Ses montages vont au-delà des images, dans une recherche d’interprétation des phénomènes de société. Il y aborde des sujets comme la guerre, la conscience, la paix. Même le flou des fleurs du montage Paix est le résultat de la saisie d’image par l’appareil. C’est bien la main du photographe qui a imprimé ce mouvement circulaire à la photo.
S’ajoutent à ces six grands formats qui occupent tout un mur de la salle, trois autres compositions encadrées qu’on pourrait qualifier d’études. Marcel y utilise des photos et leurs images miroirs, soit les mêmes photos inversées à l’impression. Modèle du genre, la photo unique utilisée pour la composition Barrage de castors se décline à l’endroit et à l’envers dans un enchaînement vertical de six photos. « J’ai voulu faire oublier que c’était un montage, indique Marcel Cloutier, que le spectateur arrête de regarder la nature pour voir autre chose, comme une colonne vertébrale, par exemple. Mais j’ai gardé le titre qui indique la vraie nature de ce que représente la photo ».

Finale

Pourquoi s’établir à Saint-Hippolyte après avoir passé autant d’années sur le Plateau Mont-Royal à Montréal? Il souhaitait de l’espace, de l’eau et du bois. Il a déniché tout cela au lac des Sources. Les résidents, un peu plus d’une dizaine, s’y côtoient amicalement. Il y a retrouvé l’entraide entre voisins qu’il avait connue au Saguenay. Il souhaite donc que sa prochaine exposition se tienne ici.
Et ce sera une première. Car après 33 expositions de photos analogiques, les clichés auront été, cette fois, pris en numérique. Il entrevoit déjà des montages où seront jumelées des photos des sous-bois d’ici et des photos de graffitis. Attention, précise-t-il, pas de banals dessins de tagueurs, mais des graffitis composés par de grands artistes urbains modernes, dont il aime le côté hors-la-loi.