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« L’adulte ne croit pas au père Noël. Il vote. » — Pierre Desproges

Les récentes transformations médiatiques déstabilisent le citoyen typique quant à la politique. Devant la surabondance d’informations, la diffusion large des scandales, l’omniprésence des discours patentés et les promesses farfelues, l’esprit commun s’enlise et se décourage.

 

Chose sûre : on est de plus en plus difficile à berner

Cela est en soi une excellente nouvelle, signe que notre démocratie est pleine de ressources dans sa lutte constante aux abus de pouvoir. Le Québec entre visiblement dans une période intense de démocratie lucide, une période socio-politico-intellectuelle où les citoyens se sentent insultés qu’on les prenne pour des enfants, à qui l’on peut raconter n’importe quelle histoire pour arriver à ses fins.

Comme des cadeaux tombés du ciel, qui ne proviennent en fait que des violentes coupures des dernières décennies et qui laissent dans un état lamentable nos écoles, nos hôpitaux, nos CHSLD et nos routes. Cela pendant qu’on donne à coût de milliards certaines de nos ressources à des entreprises étrangères : le don de nos impôts, les sous de votre paye.

 

Maître chez soi ? Vraiment ?

Adieu, donc, la démocratie utopique. Faut-il se rappeler, en période électorale, cette citation célèbre d’Abraham Lincoln (1809-1865) : « un bulletin de vote est plus fort qu’une balle de fusil »  ?

Est-ce que le vote en 2018 peut vraiment changer quelque chose ? Vous faire croire le contraire, c’est vous infantiliser, vous ramener au statut de l’enfant subordonné qui attend le père Noël.

Sans vote, il n’y a pas de démocratie, aussi imparfaite soit-elle.

Sans vote, c’est l’oligarchie, où les riches appauvrissent tous les autres.

Sans vote, c’est la dominance des régimes totalitaires, où les forts écrasent ceux qu’ils jugent faibles.

Ces modes de fonctionnement sociaux ont envahi les sociétés à divers endroits du globe et ont été destitués à force de combats, souvent armés, au profit de la démocratie, afin de sortir le commun des mortels de la servitude. Ne retournons pas derrière, ces systèmes ne demandent qu’à ressurgir. Votons, sans pourtant croire au père Noël.