Tout d’abord, une légère correction à la chronique du mois dernier.  La troisième phrase du premier paragraphe aurait dû se lire ainsi :  Le mot même aurait dû être barré comme ceci même, pour signaler qu’il faut veiller à le rayer de notre langage.

La dernière chronique, traitant des pléonasmes, avait abordé des mots ou expressions désignés comme calques de l’anglais.  Ce mois-ci, et le mois prochain, nous nous penchons sur un thème apparenté, les anglicismes.  Le terme se définit comme, dixit Larousse, tournure ou locution propre à la langue anglaise.  Il peut s’agir aussi d’un simple mot, image reflet de l’anglais dont le sens en français ne correspond pas à son équivalent anglais. Occasionnellement, le mot français utilisé n’existe même pas.

Je n’ai pas l’intention de recenser un très grand nombre d’anglicismes.  Je me limiterai plutôt à un éventail des plus courants, ceux que l’on entend tous les jours, ou presque, dans la rue (et non sur la rue, qui est un anglicisme), en famille, entre amis, dans les médias écrits ou parlés… ou sociaux.

Pincez-moi, je rêve… !  Aujourd’hui, c’est ma graduation.  Je suis nerveux, j’ai peine à focusser.  Je ne suis pas confortable avec l’idée d’aller devant tout le monde pour recevoir mon diplôme.  Je ne suis pas familier avec une telle situation.  Il me faut définitivement adresser ce problème rapidement.  J’aimerais bien canceller cette activité.  Ma mère fait sûr que je sois bien habillé.  Elle met l’emphase sur l’importance d’une bonne tenue.  Pour elle, cette journée est un aboutissement, elle fait du sens.  Selon elle, ma réussite me rend maintenant éligible à appliquer pour des emplois intéressants, je n’ai qu’à envoyer mon résumé, céduler des appointements, et le tour est joué définitivement.  Ça regarde bien, j’ai terminé mon éducation académique. J’ai rencontré les objectifs de ces années d’étude, comme le suggérait le pamphlet du collège, il y a deux ans.

Je me réveille brutalement, comme à la sortie d’un cauchemar interminable.  Vous l’aurez deviné, le paragraphe précédent est pure fiction.  Mais il permet d’illustrer et de visualiser pour notre oreille aux aguets l’effet envahisseur des anglicismes dans notre expression quotidienne.

 

Le mois, prochain, nous passerons ce paragraphe au crible ensemble.  Du plaisir en perspective… !