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Mon chien tousse… et si c’était à cause d’un parasite pulmonaire ?

En raison de sa localisation géographique privilégiée, le Québec n’est pas reconnu pour être un réservoir dense de parasites. Toutefois, n’oublions pas que nos animaux voyagent davantage et le réchauffement de la planète modifie certains cycles de développements parasitaires. En tant que professionnels de la santé, nous devons rester à l’affût des nouvelles maladies et rester ouverts aux possibilités infectieuses anciennement plus exotiques, mais qui maintenant deviennent plus fréquentes. Nous le remarquons bien avec les tiques. Jamais nous n’aurions discuté de cela en l’an 2000 et pourtant, seulement quinze ans plus tard, ce risque est devenu réel. Une autre catégorie de parasites dont nous n’entendions pas vraiment parler jusqu’à tout récemment deviendra une préoccupation grandissante dans les prochaines années : nous parlons aujourd’hui des vers pulmonaires.

Le plus populaire ce ceux-ci est évidemment le « ver du cœur » ou Dirofilaria immitis. Le ver du cœur est une inquiétude axée davantage pour nos chiens, mais savez-vous que le furet et le chat peuvent aussi en être victimes en tant qu’hôtes erratiques. Et dans leur cas, une charge moindre peut les tuer. Les vers pulmonaires sont insidieux et provoquent des signes respiratoires mimant une autre condition respiratoire plus générale (toux, écoulements nasaux, ronchonnements, bruits respiratoires augmentés…). Ils sont à l’origine de changements importants dans les poumons et ont également le potentiel de causer des séquelles à long terme (bronchite). Il est donc important de les reconnaître et les enrayer rapidement.

Le ver que je désire vous faire connaître est Crenosoma vulpis ou plus communément le « ver du renard ». Tout comme le ver du cœur dont le réservoir est les canidés sauvages, le ver du renard contamine 20 % des renards et des coyotes des provinces maritimes. En ce qui a trait à notre faune québécoise, la prévalence est moindre, mais il va sans dire que les statistiques des prochaines années démontreront une nette augmentation. Les animaux s’infectent par ingestion d’un escargot, d’une limace ou en léchant des surfaces et buvant de l’eau ayant été contaminée avec des traces visqueuses de ces invertébrés. La prévalence de ces infestations se présente davantage au printemps et à l’automne. Les signes ressemblent à une vilaine bronchite qui provoque une sévère toux. Résistante au traitement antibiotique et anti inflammatoire, cette toux progressera sur une longue période. Il est relativement accessible de mettre en évidence une parasitose pulmonaire. Un test en clinique sera fait sur plusieurs selles fraîches de votre animal et une radiographie des poumons vous sera recommandée. Sachez aussi qu’il est facile de prévenir ou de traiter ces parasites à travers des protocoles de vermifugation préétabli pour ce type de parasites.

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