Quand vous lirez ces lignes, l’hiver, espérons-le, sera bien installé !  Le grand manteau blanc coutumier à cette saison devrait recouvrir le sol et agrémenter aussi peut-être les arbres d’une blanche frange.

Décembre, c’est bien sûr Noël, la fin de l’année.  Le mois évoque la neige, le froid, le gel, avec les joies et les misères concomitantes.  Avant d’aborder certaines expressions et certains mots reliés à cette période, jetons un bref regard au mot Noël.  Le terme, au premier contact, peut sembler étrange, voire bizarre.

Pour Noël…

Noël provient du latin (dies) natalis, (jour) de naissance (de Jésus-Christ dans le cas présent).  L’évolution morphologique est passée par l’italien natale, l’ancien provençal nadal.  Le t ou le d a fini par disparaître et pour éviter la succession de deux voyelles identiques naal, la deuxième est devenue e.  D’ailleurs, l’ancien français disait Nael.  On en est finalement venu à Noël, avec un tréma sur le e pour indiquer que la voyelle précédente se prononce distinctement, soit No-ël.

On entend à maintes occasions se faire passer un sapin.  On pourrait penser que l’expression vient de l’arbre associé à la fête de Noël.  Mais détrompez-vous, l’origine remonte plutôt dans l’histoire pas si lointaine du commerce du bois chez nous où certains marchands peu scrupuleux livraient du bois de sapin baumier, de moins bonne qualité, au lieu de bois de pin ou d’épinette, par exemple.  En ébénisterie le sapin est peu apprécié, il a tendance à craquer, une fois sec.  Donc se faire passer un sapin c’est se faire escroquer en quelque sorte sur la marchandise ou lors d’un service.

…une bonne bûche…

Vous êtes en visite chez un ami ou un membre de la famille.  Après avoir franchi le seuil du logement, il vous interpelle en disant Tire-toi une bûche !  Il vous invite ainsi à vous asseoir, sur une chaise ou dans un fauteuil.  C’est que du temps de la colonie en Nouvelle-France, les colons n’avaient pas toujours les moyens de se procurer de vrais sièges, ils recouraient alors à de gros rondins d’arbre coupés aux dimensions adéquates pour servir de chaises.  Parallèlement, la bûche de Noël, la pâtisserie sucrée, a été inspirée de la grosse bûche de bois entière que l’on mettait dans le poêle et qui brûlait toute la nuit de Noël.

… ça réchauffe…

Vous entendrez moult fois, il fait si froid, il gèle à pierre fendre.  Vous savez, ce n’est pas qu’au sens figuré.  Car, si de l’eau s’est glissée dans une anfractuosité rocheuse ou pierreuse, un gel intense fera éclater celle-ci.  Vous avez tous expérimenté l’effet d’éclat du gel, de la glace sur une bouteille en verre de boisson gazeuse oubliée au congélateur.  La glace est de nature expansive, pour ne pas dire explosive… !  Ne dit-on pas aussi briser la glace, pour signaler qu’on entame la conversation, qu’on veut réchauffer l’atmosphère, créer de la convivialité !

… les échanges !

Le temps des Fêtes est l’occasion d’échanger des cadeaux.  Le mot cadeau possède une histoire intéressante.  Tirant son origine du vieux provençal capdel (lui-même émanant du latin capitellum, soit petite tête, extrémité), personnage placé en tête, il en est venu à désigner ces lettrines ornementales en début de page ou de paragraphe ne servant qu’à décorer.  Elles sont offertes, vous en conviendrez,  gracieusement au lecteur.  Le sens a évolué vers la signification actuelle de quelque chose qu’on offre à quelqu’un en hommage ou pour faire plaisir.  Vous reconnaîtrez aisément que bien des cadeaux, pour peu qu’ils soient jolis, restent souvent … inutiles !

Heureux temps des Fêtes à tous !