Membres du Comité de l’espace muséal, à gauche Francine Gohier, sœur Monique Prud’homme, sœur Rita Larivée, l’abbé Martin Tremblay, Linda Rivest, Sophie St-Gelais, Jeanne Asselin et des invités de la communauté des Sœurs de Sainte-Anne.
Photo : Amber (André Bernier)

Mère Marie-Anne fait son entrée à la cathédrale

Dimanche 17 juin, mère Marie-Anne (Esther Blondin), fondatrice de la congrégation des Sœurs de Sainte-Anne, a fait son entrée d’une façon grandiose à la cathédrale de Saint-Jérôme.

C’est sous l’égide de Mgr Martin Tremblay, curé de la cathédrale Saint-Jérôme, assisté de Linda Rivest, directrice générale et archiviste de la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord et de son équipe, et des membres de la congrégation des Sœurs de Sainte-Anne que ce nouvel espace muséal a été réalisé, en témoignage d’une « femme d’exception ».

Présence éducative de 100 ans à Saint-Jérôme
« La communauté des Sœurs de Sainte-Anne a été présente pendant plus de 100 ans à Saint-Jérôme et leur contribution dans la communauté jérômienne est inestimable, a souligné Linda Rivest, s’adressant à la foule nombreuse venue célébrer cet hommage. Ce nouvel espace muséal qui côtoie à l’entrée de la cathédrale celui du curé Labelle et du père Prévost, offre un lieu pour certaines personnes pour se remémorer leurs souvenirs d’enfant comme élève dans les institutions de cette communauté ou alors pour d’autres, de découvrir l’œuvre d’éducation des Sœurs de Sainte-Anne et de leur fondatrice.»

Qui était Esther Blondin ?
Esther Blondin a vécu de 1809 à 1890 dans les Laurentides. Sa détermination à donner la chance à des milliers d’enfants des campagnes de recevoir une éducation. Née dans une famille pauvre d’agriculteur, Esther était analphabète jusqu’à vingt ans. C’est en devenant domestique chez les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame qu’elle a appris à lire et à écrire. Esther, forte de ce nouveau pouvoir d’aider les autres, décide de poursuive sa formation et devient enseignante à son tour, principalement dans les milieux les plus défavorisés.

Fondatrice d’une communauté éducative
C’est en 1850 que lentement prend naissance chez Esther Blondin devenue enseignante, l’idée de regrouper autour d’elle des compagnes enseignantes afin d’instruire les enfants. Lentement, une communauté religieuse se forme. La communauté des sœurs de Sainte-Anne est présente à Saint-Jérôme dès 1864, où elle assume alors l’enseignement au couvent. En 1923, elles poursuivront leur œuvre en ouvrant une école normale. Ces deux institutions étaient alors situées dans le bâtiment initial du Cégep de Saint-Jérôme actuel. On les retrouve aussi dès 1920 dans les écoles jérômiennes de Labelle, Saint-Joseph, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Louis et autres et aussi à la direction d’école comme l’école secondaire Mère-Marie-Anne, devenue la Polyvalente Saint-Jérôme.

Louise Allaire, miraculée
Plus qu’une éducatrice, mère Marie-Anne est pour la Jérômienne Louise Alaire, âgée maintenant de 84 ans, celle qui lui a sauvé la vie, enfant. En effet, issue d’une famille pauvre de dix enfants, elle souffre d’une rare maladie qui l’affaiblit lentement. Comme elle l’apprendra plus tard, un parasite attrapé en mangeant un fruit exotique ronge ses intestins sans qu’aucune médecine de l’époque, ne puisse l’en débarrasser. Ni les médecins ni les bons soins de sa mère n’arrivaient à la guérir. Désespérée elle, et tous les membres de sa famille se tournent alors vers des prières et des neuvaines au frère André, au père Prévost ainsi qu’à mère Marie-Anne.

Louise Alaire est persuadée que c’est de cette dernière qu’elle a obtenu la guérison. Pour elle, c’est un miracle et depuis elle croit fortement au pouvoir de guérison de mère Marie-Anne. Cette jeune fille, malgré tous les pronostics défavorables à l’époque, est devenue à son tour enseignante et a vécu une longue carrière dans les écoles de Saint-Jérôme. Au-delà des recommandations de cesser d’enseigner de son médecin face à son état, elle est devenue directrice adjointe à la Polyvalente et responsable des élèves du bloc A, appelé familièrement encore, le Pavillon mère Marie-Anne.

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