* acronyme pour « Oui, Bien Sûr Examine Rigoureusement les Vrais Effets »

La nouvelle technologie liée aux télécommunications nous apporte beaucoup de bienfaits, mais vient aussi contrecarrer ou amoindrir les vertus naturelles de l’observation. Les applications logicielles nous fournissent énormément de renseignements et d’études pour notre culture personnelle, mais néanmoins réduisent notre faculté de réfléchir sans artifices grâce à l’observation intense.

Savoir observer de façon neutre les phénomènes de la nature, les comportements et le langage corporel des êtres humains et des animaux, les soubresauts des événements sociaux et leurs ramifications, les sous-entendus dans les conversations et autres messages exige un certain niveau d’attention. « La connaissance s’acquiert par l’étude, la sagesse par l’observation » (anonyme).

Le plaisir de l’observation

L’observation, qui est une action de suivi attentif sans influencer le sujet étudié, nous apprend à nous servir de nos cinq sens et de les tenir éveillés. Nous n’affirmons absolument pas que les développements technologiques doivent être limités, ou encore plus malsain de dire, d’être surveillés : toutefois, ceux-ci devraient nous permettre de nous épancher et scruter les faits qui nous sont révélés.

L’observation, qui s’accomplit à n’importe quel moment donné, nous permet de récolter des évidences, établir des liens, noter des faits, faire des choix, élaborer des preuves. « Un fait mal observé est plus pernicieux qu’un mauvais raisonnement », affirme sans équivoque Paul Valéry. Elle nous donne aussi l’occasion de faire l’éloge de la lenteur, car une scrutation sérieuse requiert une méditation débonnaire, des errements de pensées, un vagabondage de l’esprit. Effectivement, le raisonnement par l’observance est un exercice fascinant qui exige des qualités mentales comme le désintéressement et la patience.

On oublie que les efforts de réflexion dans le cheminement d’une observation fournissent un certain niveau de jouissance. Prendre le temps de voir et de surtout de bien regarder amène à la contemplation et l’introspection puisqu’elle mobilise notre attention. Cet état d’esprit facilite l’expression des sentiments. C’est pourquoi Jean-Paul Wenzel a dit que « l’artiste est un observateur ».

On peut aussi remarquer cette passion auprès d’observateurs chevronnés comme les œnologues (vins), les ornithologues (oiseaux), les entomologistes (papillons), les herpétologues (serpents). Ceux-ci s’attardent à examiner avec une attention intense le sujet intéressé, le contexte et l’environnement intensifiant ce regard en faisant usage de tous leurs sens.

L’éloge de l’observation

Les lecteurs (les intrigues de Sherlock Holmes ou Nestor Burma ou Georges Simenon) et les téléspectateurs (Hercule Poirot, CSI, District 31) sont pourtant férus des héros qui persistent et trouvent les solutions à l’énigme ou le déroulement exact des événements, grâce à la réflexion, l’émission d’hypothèses et l’observation méticuleuse. La popularité de ce type de trame et leur dénouement devraient nous encourager à faire appel à notre propre sens d’observation et notre pouvoir de déduction. Toutefois, une déduction doit respecter des règles logiques sinon elle cache des pièges qui peuvent s’avérer embêtants ou ennuyeux. « Observer, c’est perturber », affirme Hubert Reeves.

L’observation nous permet d’atteindre un niveau de conscience plus élevé, nous donne parfois une vision différente d’un contexte et facilite une meilleure préparation face à l’imprévu. J’observe, donc je suis.

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