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Pluriel parfois fort… singulier ! (Première partie)

Nous abordons ce mois-ci la catégorie grammaticale du nombre, c’est-à-dire le pluriel et son pendant opposé, le singulier.  Nous savons tous que le singulier s’applique à un unique élément ou concept, alors que le pluriel signale une multiplicité, une pluralité, au moins deux.  Si le singulier ne pose généralement pas de difficulté, le pluriel pour sa part n’est pas toujours aussi simple.  Il est même à l’occasion plutôt étrange, voire singulier !

 

ESS…

Le pluriel des noms communs ou substantifs se fait normalement en ajoutant un s à la fin du mot.  Ainsi le sentier devient les sentiers, le lac devient les lacs, etc. .  Et presque tout le temps, l’ajout du s ne modifie pas la prononciation.  Mais la liaison se fait avec le mot suivant débutant par une voyelle ou un h muet. On entendra donc les femmes et les hommes-z-héroïques d’autrefois.  On connaît les exceptions œuf et bœuf dont le singulier fait entendre le f et dont le pluriel œufs et bœufs se prononcent eu et beu, le s restant muet.  Une petite bizarrerie est os où l’on entend le s au singulier (un-n- oss) et où le s s’amuït au pluriel (des-z- o).  Évidemment, les mots à terminaison en s, x ou z ne changent pas au pluriel.

 

… EN CIELS

Certains mots ont un double pluriel avec un sens différent.  Ainsi aïeul lorsqu’il désigne les grands-parents devient aïeuls au pluriel, tandis qu’il devient aïeux quand il réfère aux ancêtres.  De même, ciel fait cieux quand il évoque l’espace au-dessus de nous, ou le séjour de Dieu ou des dieux, mais il devient ciels pour signaler une variété de représentations du ciel par divers artistes ou quand il est question du baldaquin au-dessus d’un lit (des ciels de lit).

 

À L’OEIL

En terminant, pourquoi ne pas parler, car je m’y sens enclin, d’œil … et d’yeux.  À première vue, le pluriel yeux paraît inhabituel.  Le mot œil prend racine à partir du latin oculus (d’où proviennent plus directement oculaire, oculiste).  L’évolution à travers les siècles du pluriel est passée par ialz, ieus, yeus, yeulx et enfin yeux.  D’ailleurs, en mode sonore, œil (euill) n’est pas si loin de yeux (ieu).  La confusion est attisée aussi par le fait qu’on ne voit ou n’entend que zieux, c’est la faute à la liaison.  Pourtant, le vrai pluriel à l’oreille est bien ieux, comme en témoigne la petite phrase « il n’a d’yeux que pour elle »; on ne dit pas ni n’entendons « il n’a de z-yeux que pour elle ».  On est tellement programmé pour entendre zyeux qu’on dit sur un ton familier, même si c’est formellement incorrect, entre quatre-z-yeux.  Par ailleurs, oeil peut faire oeils au pluriel dans les mots composés comme œils-de-bœuf, oeils-de-perdrix.

Le mois prochain, nous poserons un œil sur le pluriel des mots composés et des mots empruntés aux langues étrangères.

 

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