Il y a de cela quelques années, je participais à la livraison de paniers de Noël. J’aime ce moment si particulier de l’année où nous prenons le temps de semer un peu de bonheur dans le cœur des gens. Jeune, mon père m’a souvent amenée livrer des paniers avec le Club Optimiste de notre ville. J’en garde un bon souvenir. Lorsque j’ai eu mon petit garçon, le temps a manqué et j’ai temporairement abandonné mon habitude. J’ai recommencé récemment à songer à cette activité et j’ai bien l’intention de faire vivre à mon petit Émile ce que mon père m’a enseigné.

Derrière ces portes, nous avons découvert des enfants, des parents ainsi que des animaux. Ces derniers étaient pour la plupart amaigris, affamés et quelquefois malades. C’est à ce moment que l’on comprend que la médecine vétérinaire est un luxe et carrément une utopie pour celui qui a le ventre creux. Dans une situation où les revenus sont insuffisants, l’animal est souvent nourri après les enfants et les adultes. Or, ce n’est pas parce qu’il compte moins aux yeux de ses propriétaires. Au contraire, dans ces circonstances, les animaux remplissent des rôles essentiels. Ils deviennent un ami qui garde au chaud, une sécurité la nuit, une compagnie quotidienne pour celui qui est oublié ainsi qu’une oreille qui ne juge pas celui qui est pauvre ou qui a un handicap.

 

Mon métier m’amène naturellement à porter une attention particulière aux animaux que je rencontre. Cependant, je ne suis pas la seule à agir de la sorte. Curieusement, la tendance sociale nous porte souvent à être attendris par un animal en détresse et abandonné. Régulièrement, nous recevons en consultation des animaux nouvellement adoptés l’hiver par des propriétaires sensibles. Plusieurs personnes ont le cœur sur la main. Mais pourquoi dans ce cas, restons-nous si indifférents à la misère humaine de nos semblables ?

 

Soyez-en sûrs, je n’émets aucun jugement de valeur et je continue de lever mon chapeau aux organismes qui secourent courageusement les animaux abandonnés. Seulement, l’un n’empêche pas l’autre… Il serait bon de garder la même générosité pour tous les êtres à deux pattes (!) qui nous entourent, et ce, durant toute l’année. Tenez une porte, offrez votre place de stationnement, dites bonjour avec le sourire ou donnez un peu de votre temps en bénévolat! Soyons courtois!

 

Cette journée m’a fait découvrir l’importance d’accorder une attention particulière à la relation qui unit l’animal à son propriétaire. Celle-ci est unique et mérite qu’on s’y attarde. À notre époque, les animaux comblent bien souvent les faiblesses de notre société. Ils sont un baume sur nos difficultés quotidiennes. Reste cependant que la présence d’un autre être humain qui prend soin de vous est irremplaçable et réconfortante. C’est l’équivalent d’un petit miracle, tout simplement comme une fleur qui pousse sur la neige…

 

C’est avec un immense regret que je dois cesser mes écritures mensuelles. Ma charge de travail ne cessant de s’accroître, je me dois de décliner l’offre de continuer en 2019 avec le Journal. Ce fut une expérience fort enrichissante et motivante.

Bravo à toute l’équipe du Sentier! Et Meilleurs Vœux pour 2019 à vous tous.

Cordialement, Dre Valérie Desjardins, m.v.

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