Alors me voici! Après de (très) nombreuses années de gestation, Qui boira verra! voit le jour! Oh je sais, une énième chronique vin, nous en sommes inondés. N’empêche, mon grain de sel j’ai toujours voulu y mettre, par amour et passion pour cette sublime boisson. Des mots pour le dire, tant à écrire, autant commencer, et me voici lancé!

 

Cap au Sud, Domaine Cazes, Côtes catalanes IGP, France, 2018, 13,20 $, 12829051

De l’un des plus grands domaines biodynamiques de France, cette cuvée du Domaine Cazes relève quant à moi de l’exploit, rien de moins! Aparté pour commencer, la biodynamie est une méthode culturale qui intègre l’agrobiologie, mais en la poussant plus loin avec en tête toujours un immense respect et un amour profond de la nature; vendanges selon les cycles lunaires, décoctions à base de diverses plantes pulvérisées dans les champs pour protéger des maladies, épandage de quartz entre les rangs de vignes pour favoriser la vibration de la terre et autres multiples procédés de cet acabit.

Bref, vous voyez le topo, des gens qui jadis auraient été traités de granos et à qui maintenant nous ne pouvons dire que bravo! Et comme on dit, la vérité est dans le verre, et à 13 $ et des poussières, on ne peut que clamer Santé! et bien bien fort rigoler! Du fruit à revendre, la mûre et le cassis haut la main, une touche florale et de la garrigue en trame de fond. Juteux, savoureux, chaleureux! Allez patron, une autre lampée, c’est ma tournée!

 

 

Jean Perrier, Cuvée Gastronomie, pinot noir, Savoie AOC, France, 2018, 16,25 $, 856997

Un bon pinot à moins de 20 $, telle est la quête perpétuelle, le Saint Graal de tout amateur du genre. Car voyez, en plus d’être capricieux à cultiver, sujet à nombre de maladies, de ne tolérer que de faibles rendements au champ, le pinot noir partout sur la planète est adulé, prisé, recherché. Autant vous dire que ses prix ne font qu’augmenter au point où les plus grands, à force de s’élever, s’apprêteraient aux dernières nouvelles à quitter notre stratosphère. Et les deux pieds bien sur terre, l’amateur délaissé cherche un saint auquel se vouer, se rabattant ça et là sur de quelconques pinots à peu de frais. Soif étanchée, plaisir au plancher…

 

 

Mais il était une fois un pinot, venu d’ailleurs, ne nous prenant pas de haut. Modeste certes, mais franc, authentique, digeste. Du fruit comme il se doit, de la griotte dont on dit qu’elle pinote, de l’éclat, de la fraîcheur. Et glou et glou dans le verre, un vin qui donne soif, qui se siffle, voire qui nous donne le goût de chanter! Mais que l’on ne s’y méprenne, rien ici n’est complexité. Mais plutôt plaisir et générosité! Comme si on s’abreuvait à la source. Ironique… C’est du Jean Perrier!