Comme une grande majorité de Québécois, les élections municipales ne m’avaient jamais réellement emballée jusqu’à cette année. À tous les quatre ans, j’en entendais parler ici et là, remarquant la floraison subite et éphémère des pancartes électorales, le long des chemins, mais sans plus. Je ne me sentais pas concernée.
La curiosité ne m’avait jamais poussée à faire l’effort de lire le programme des partis, à peine avais-je l’intérêt de comprendre pour qui j’irais voter le « jour J ». Je me laissais guider par les ouï-dire, influencée par l’opinion d’autrui, je planais sur l’actualité… Cette année, l’expérience est toute autre. Suis-je plus allumée? Pas vraiment, bien des détails de la politique municipale m’échappent encore. Cependant, puisque l’expérience de la chose a fait irruption dans notre foyer par la candidature du mari, je devais m’intéresser un peu plus au processus.
D’abord, je vois d’un très bon œil que nous ayons la chance, à Saint-Hippolyte, de pouvoir nous rendre aux urnes cette année. Plusieurs municipalités des alentours n’ont pas eu de course, puisqu’un seul candidat est élu par acclamation. Il est stimulant que nous ayons des gens passionnés, intéressés, au point de se livrer bataille dans l’arène politique. Cela signifie qu’il y a un brassage d’idées qui se veut généralement bénéfique. Une opposition, une remise en question, qui évitent le règne de petits roitelets gérant la ville tel un royaume soumis. Nous en avons connu quelques-uns ces dernières années au Québec…
Séparer l’administratif, le politique et la réglementation
Une course à la mairie est donc une belle opportunité pour nous, citoyens, d’élire une équipe qui saura guider la municipalité. Voici un autre détail que j’ai compris finalement : séparer l’administratif, le politique et la réglementation. On confond à tort ces trois pans de notre hôtel de ville. Sur le site Internet du Gouvernement du Québec, nous pouvons lire : « Le rôle principal du conseil (de ville) est de s’assurer que les services offerts répondent aux besoins de la communauté. Les élues et élus doivent ainsi se rendre disponibles et être à l’écoute des citoyennes et citoyens. » Nous devons ensuite comprendre que la municipalité compte un directeur général et, à sa suite, des employés, investis dans la gestion de la ville. Par-dessus la tête de tout ce beau monde, n’oublions pas les lois provinciales et fédérales que toute la fonction publique municipale est tenue de faire respecter.
- Ainsi donc, je comprends que je devrai voter, avant tout, pour une équipe qui saura appliquer la Loi.
- Ensuite, je devrai voter pour une équipe qui a à cœur la préservation de nos forêts et nos zones humides si importantes pour l’écosystème de la région. Car après tout, si je suis venue m’établir à Saint-Hippolyte, c’est bien pour profiter de cet environnement exceptionnel.
- Je devrai voter pour une équipe qui se soucie de nos 63 lacs, même si je ne suis pas riveraine moi-même. Leur nécessité est capitale, tant pour la plaisance de quelques centaines de personnes que pour l’harmonie de la nature et l’importance de ces réservoirs d’eau naturels si précieux.
- Je devrai voter pour une équipe qui permet un développement sain de son activité commerciale, en accord avec la vocation de notre municipalité. Une équipe qui saura trouver un équilibre entre le défi de fournir des produits et services réclamés par la population et celui de ne pas appauvrir nos sols ni nos espaces verts, si chers à nos cœurs. Avec son offre commerciale diversifiée, la route 117 n’est pas si loin, après tout.
- Je devrai voter pour une équipe qui sait gérer un budget intelligemment et prudemment.
- Je devrai voter pour une équipe qui me parle de mes enfants.
- Je devrai voter pour une équipe qui me parle de culture.
- Je voudrais bien voter pour une équipe qui pourrait forcer les automobilistes à rouler moins vite dans nos rues, mais ça, ce n’est pas simple!
Finalement, sur les différentes plateformes électorales, j’ai l’impression que chaque candidat me fait la même proposition; personne ne veut être contre la vertu. « Blabla, personnes âgées… Blabla, protections des lacs… Blabla, développement économique… Blabla, logements accessibles… Blabla, budget équilibré… » Les mêmes grands enjeux se retrouvent aux cœurs des idées de toutes les équipes. Alors quoi? Comment choisir? Trouverai-je des réponses dans les opinions véhiculées sur tous les « Spotted » de ce monde? Certes non! Pour moi, ces sites sont ludiques et légers, quoique nécessaires. Mais certes pas une source d’information officielle.
Les candidats ont toute mon admiration
En même temps, l’opinion de mes concitoyens m’intéresse. Car peut-être savent-ils des choses que j’ignore. Toutefois, je ne veux pas prendre ma décision en me basant sur l’opinion ni l’expérience des autres, mais plutôt sur ce que les candidats ont à offrir, en rapport avec mes valeurs et ma réalité. Donc, ce sera sur les sites officiels des candidats que je trouverai de quoi m’influencer. Pour ce qui est des candidats en tant que personne, les aspirants conseillers, tout comme les aspirants maires, ont toute mon admiration. Je voterai pour elles, parce qu’elles sont femmes rigoureuses et pour eux, parce qu’ils sont hommes intègres. Je voterai pour des gens vaillants. Soucieux. Généreux de leur temps. Des gens qui ont des idées plein la tête. Des humains de cœur qui ont tous une expérience de vie différente, mais qui, ensemble, proposent de faire de Saint-Hippolyte un milieu de vie privilégié.
Ils ont passé un nombre incalculable d’heures à élaborer leur projet, ensuite à nous informer, à nous faire rêver, à nous dire qu’on va y arriver. En plus de leur propre famille et de leur emploi, ils se sont ajouté ce défi dans leur quotidien : gérer notre ville. Ils s’investissent jour après jour, encaissent les critiques, s’ouvrent aux opinions, gardent leur sang-froid et leur respect en toute circonstance. En retour, par respect pour eux, le 2 novembre, j’irai voter.

