
Perpétuer les arts textiles pour redonner à la communauté
Native de Val-d’Or, Pascale Poirier vit une enfance dans la ouate avec sa sœur. Elle baigne dans le don de soi pour aider les autres. Ses parents sont des exemples. Sa mère a été bénévole pendant plus de 30 ans dans un CHSLD à Lachute. Son père donne de son temps à l’hôpital dès qu’il prend sa retraite à l’âge de 57 ans. Bien qu’exposée et compatissante, Pascale Poirier n’est pas portée vers la souffrance. Elle adore les personnes ayant du vécu et les entendre se raconter. L’histoire, c’est précieux.
Saint-Hippolyte, un choix évident
Après avoir étudié en électronique, Pascale Poirier a travaillé pour des manufacturiers, dans la vente. Sa force étant la coordination technique, elle achève sa carrière dans cette fonction, basée sur le service à la clientèle. Bâtir une belle relation avec ses clients était sa priorité, ayant à cœur la prospérité de l’entreprise. Les temps de villégiature durant les fins de semaine et pendant la période estivale se passent par l’entremise de son conjoint, au chalet familial à Saint-Hippolyte, dans le secteur du lac de l’Achigan. Construit il y a 67 ans, l’opportunité de le racheter se présente à eux. Objectif : en faire leur résidence principale pour leur retraite. Durant sept ans, avec l’aide des enfants, ils entreprennent la rénovation en autoconstruction et sont fiers du résultat. La pandémie précipite quelque peu les projets pour le meilleur. Pascale Poirier vit les avantages du télétravail au milieu de la nature, jusqu’à sa retraite en novembre 2022, qu’elle avait hâte de prendre pour rejoindre le Cercle de Fermières, en savourant le temps de tricoter, coudre et d’apprendre le tissage.
Les arts textiles, un héritage maternel
Pascale Poirier a vu sa mère coudre toute sa vie. Elle maîtrisait si bien cet art qu’elle n’utilisait aucun patron! Elle faisait tout. « Quand tu es jeune, tu veux être comme tout le monde. Je n’étais pas comme tout le monde! Je portais le linge confectionné par ma mère », relate-t-elle avec un air amusé. Pascale Poirier n’avait pas emboîté le pas, jusqu’au jour où, à la naissance de son deuxième enfant, sa mère s’achète une surjeteuse. Bingo! C’est la porte d’ouverture vers une passion qui ne se tarira jamais. Pascale est en mesure de faire les bords comme en industrie! La piqûre pour la couture vient la prendre. Elle suit des cours et elle ne s’arrêtera jamais au point d’avoir eu son propre atelier pendant quelques années.
Viens, on va te montrer
En avril 2023, Pascale Poirier intègre le Cercle de Fermières de Saint-Hippolyte. Elle se souvient, les yeux brillants et le cœur empli de reconnaissance, de l’accueil qu’elle a reçu. Feue Florence Frigault est l’une des premières personnes qu’elle a rencontrées. Elle lui rappelait sa grand-mère maternelle. Pascale tricotait en dilettante. Florence lui a montré la technique pour tricoter des chaussettes et elle lui a appris le tissage. Ce qui marque beaucoup Pascale, c’est à quel point toutes ces femmes, qui sont issues de toutes les spheres de la société avec des histoires différentes, se racontent. Et les écouter se raconter, ça vaut de l’or. La valeur si précieuse du partage prend tout son sens. Aujourd’hui, Pascale Poirier a pris la relève pour les cours de couture. C’est à son tour de transmettre son savoir, tout en continuant à apprendre des nouvelles techniques et en apprivoisant les différentes machines, dont certaines sont dotées de logiciels.
Une vision d’administratrice pour continuer à redonner à la communauté
Pascale Poirier occupe depuis le mois de juin 2024 le poste de la présidence du conseil d’administration du Cercle de Fermières de Saint-Hippolyte. Louise Bernier, dont elle salue son travail, a dû libérer le poste après quatre mandats de deux ans. Beaucoup d’idées fourmillent dans son esprit, dont celui d’accentuer l’implication dans la communauté. Car si une des missions premières du Cercle de Fermières est de perpétuer les arts textiles, c’est également de redonner à la communauté.
Ainsi, elle décide de prendre contact avec la direction de l’école des Hauteurs pour connaître les besoins. Avec à la clé, un défi pour les Fermières qui ont dû apprivoiser la couture du polar, en résulte la confection d’une vingtaine de mitaines, de dix cache-cou et dix tuques avec une broderie au nom de l’école et l’intégration du logo du Cercle de Fermières. La livraison a eu lieu au mois de février 2026. Forte de cette expérience positive, l’école du Grand-Rocher sera approchée en prévision de 2027.
En partenariat avec le Club Optimiste de Saint-Hippolyte, des enfants âgés de 10 à 12 ans ont pu se prévaloir du savoir-faire des Fermières en s’inscrivant à des cours de tricot. L’opération a été renouvelée cette année au mois d’avril, avec le projet d’éventuellement offrir des cours de niveau intermédiaire.
Pascale Poirier rappelle qu’il est possible d’intégrer le Cercle de Fermières à partir de l’âge de 14 ans. Elle souhaite donc développer un volet jeunesse en écoutant les aspirations de cette nouvelle génération. Le passé est garant du futur. Le présent est garant de l’avenir.
Le Cercle de Fermières permet également de tisser un réseau social, de briser l’isolement. Il n’est pas necessaire d’avoir des années de maîtrise d’un art. Tout commence un jour. Le projet des sacs de lecture en partenariat avec la Bibliothèque de Saint-Hippolyte en est un bon exemple. Pour soutenir les couturières, une personne qui sait manœuvrer la machine à broder, après avoir appris son fonctionnement, est d’un support inestimable!
Transmission du savoir, du patrimoine et de la culture québécoise
Le Cercle de Fermières de Saint-Hippolyte compte actuellement 53 membres. La plus jeune a 37 ans et une diversité culturelle commence à s’installer. Dans 5 ou 10 ans, Pascale Poirier se voit encore au Cercle de Fermières de Saint-Hippolyte. Lorsqu’elle a tapé à la porte en 2023, elle ne se doutait pas qu’elle aimerait tant cette expérience. C’est même une révélation. De nature dévouée, elle continuera à s’investir sous différentes formes et à faire du mieux qu’elle peut. Pourquoi? Pour se connaître, s’entraider, se révéler chacun à sa façon, tisser des amitiés. Pour prendre le flambeau et le donner au suivant.
À la rencontre du Cercle de Fermières de Saint-Hippolyte

- 30 mai 2026 : 1re participation du Cercle de Fermières à la Journée de la Marmaille au parc Roger-Cabana : Confection d’une œuvre communautaire avec les enfants.
- Portes ouvertes tous les lundis de 10 h à 14 h et mercredis de 18 h à 20 h.
- 28 novembre 2026 : Marché de Noël, école des Hauteurs.

