L’esprit de Noël est dans l’air ! Les sapins illuminent nos maisons pendant que les flocons de neige descendent doucement; l’image évoque une certaine magie qui casse l’atmosphère sombre de novembre.
Cette période est souvent marquée par une ambiance d’amitié et de partage; une pause pour passer des moments précieux avec nos proches.
Malheureusement, pour plusieurs personnes, le temps des Fêtes a l’effet contraire; de surligner la solitude. Bien que ce ne soit pas un diagnostic médical, l’isolement social et la solitude entraînent de nombreux effets néfastes sur la santé. J’aimerais donc en discuter et vous offrir des stratégies pour combattre la solitude.
Selon une étude de Statistique Canada, en 2019, presque un aîné canadien sur cinq a vécu de la solitude 1. L’isolement social
(c.-à-d. être physiquement séparé ou éloigné des autres) augmente le risque de la solitude (se sentir seul). Selon une analyse effectuée en 2015, les effets négatifs sur la santé d’un isolement social prolongé étaient équivalents à fumer 15 cigarettes par jour 2. Selon une étude menée par l’organisme National Institute on Ageing, les personnes de plus de 50 ans qui souffrent d’isolement et de solitude sont plus susceptibles de subir les conséquences suivantes : une augmentation de 32 % du risque d’accident vasculaire cérébral, un doublement du risque de développer une maladie neurodégénérative et une hausse de 59 % du taux de déclin fonctionnel. 3
Il y a plusieurs facteurs de risque chez les aînés pour l’isolement social et, subséquemment, la solitude, incluant : la retraite, le décès d’un(e) conjoint(e)/ami(e) et la détérioration de son état de santé limitant la capacité de sortir de la maison et de participer à des activités. La plupart des situations ci-dessus sont hors du contrôle de la personne. La seule chose sur laquelle nous avons un certain contrôle, c’est la façon dont nous gérons notre santé. En normalisant et en déstigmatisant certaines conditions médicales, nous pouvons créer une culture qui encourage les individus à se faire soigner.
La surdité, par exemple, est un problème de santé qui peut beaucoup impacter la qualité des interactions sociales; elle peut nuire à la capacité de suivre les conversations et, par conséquent, défavoriser les liens sociaux. Beaucoup de patients que je rencontre sont gênés par leur perte auditive et refusent d’envisager la possibilité de porter des appareils auditifs. Le port d’appareils auditifs peut réduire le risque d’isolement social et avoir un effet protecteur contre les troubles cognitifs. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide si cela vous permet de vivre pleinement et en meilleure santé.
Que pourrait-on faire comme citoyens pour aborder ce problème important dans nos communautés ? L’introduction et l’investissement afin d’augmenter le transport collectif pourraient aider les personnes qui ne sont plus en mesure de conduire et de sortir de leurs domiciles, comme le transport adapté collectif (TAC). Il existe aussi des services communautaires locaux ciblant les personnes âgées de plus de 50 ans qui favorisent l’accès à des cours, des loisirs et des événements culturels. Il y a une liste exhaustive des services dans notre municipalité et dans les alentours disponible sur le site web municipal, sous l’onglet « services > aînés ». Donner de son temps comme bénévole pour lutter contre la solitude pourrait être le plus beau cadeau de Noël que vous puissiez offrir à quelqu’un cette année.
1 150.statcan.gc.ca/n1/pub/82-003-x/
2023007/article/00001-eng.htm
2 J. Holt-Lunstad J, Smith TB, Baker M, Harris T, Stephenson D. Loneliness and Social Isolation as Risk Factors for Mortality : A Meta-Analytic Review. 2015; cnpea.ca/images/socialisolationreport-final1.pdf
3 National Institute on Ageing (2022). Understanding Social Isolation and Loneliness Among Older Canadians and How to Address It. Toronto, ON: National Institute on Ageing, Toronto Metropolitan University.


