19e siècle : Louis-Jacques-Mandé Daguerre, Boulevard du Temple, Paris, v.1838, daguerréotype.
Photo : aci-iac.ca

Le mot photographie est attesté dès 1832 et provient de deux racines d’origine grecque : « photo », « qui utilise la lumière » et « -graphie », « qui aboutit à une image ». Il signifie littéralement « peindre avec la lumière ».

La photographie, basée sur le mécanisme biologique de l’œil humain, résulte d’une série de nombreuses innovations technologiques, principalement dans les domaines de l’optique et de la chimie. On retrouve dans le Traité d’optique du début du 11siècle, l’explication de ces deux phénomènes nécessaires à l’obtention d’images photographiques. Des recherches ont permis de mettre la réalité en boîte : il suffisait de percer un « petit trou » dans une chambre noire pour voir apparaître une image inversée dans le fond blanc de la boîte. D’autre part, les alchimistes savaient que la lumière noircissait le chlorure d’argent. Au tournant du 19siècle, on fait des expériences avec le nitrate d’argent et l’hyposulfite de sodium devient le fixateur. En 1839, l’« invention » de la photographie est présentée à l’Académie des sciences et c’est en 1861 qu’est réalisée la première photographie couleur.

Appareil photographique

20e siècle : Winston Churchill, 30 décembre 1941, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
Photo : Yousuf Karsh, portraitiste canadien d’origine arménienne (1908-2002) considéré comme l’un des maîtres du genre.

Un appareil photographique comprend un objectif et un détecteur photosensible, ainsi que des mécanismes permettant de réaliser des réglages. Lorsqu’il a choisi ce qu’il cherche à reproduire, l’art du photographe consiste à utiliser la lumière, naturelle ou artificielle, et à cadrer son sujet d’une façon à rendre la perception plaisante et aisée. Plusieurs réglages sont nécessaires : mise au point, ouverture, temps de pose, etc. La justesse de ces réglages conditionne la qualité de l’image. C’est en 1888 que George Eastman lance le Kodak, un appareil portatif. Si les principes de l’appareil sont restés les mêmes depuis son origine au 19e siècle, les technologies ont considérablement évolué au fil du temps. Un changement majeur a été le passage au numérique.

La photographie, le 8e art

Avant la photographie, c’est la peinture qui avait pour rôle la représentation de la réalité. Dès son invention, l’usage de la photographie devient un art et son utilisation sert de témoignage historique. Les journalistes s’en servent pour appuyer leur reportage écrit et c’est au cours de la Première Guerre mondiale que la photo documentaire prouve son pouvoir d’information. La photogrammétrie est un outil essentiel de l’archéologie et de la cartographie. C’est en 1893 que sont réalisées les premières prises de vues sous-marines et l’utilisation de la radiographie, en 1895, prend le terme d’« imagerie » en sciences médicales. Les portraitistes immortalisent monarques, savants et artistes, tandis que la faune et la flore deviennent la cible des photographes animaliers. Les clichés de famille que l’on consigne dans un album deviennent accessibles et populaires.

L’astrophotographie

21e siècle : Pismis 24 est un brillant amas d’étoiles situé au cœur de la nébuleuse du Homard dans la constellation du Scorpion.
Photo : science.nasa.gov/asset/webb/pismis-24-mini-poster

Les technologies numériques de la photographie ont transformé l’image et la représentation du monde dans lequel nous vivons. La première photographie de la lune date des années 1840. Deux cents ans plus tard, on place en orbite des télescopes équipés d’instruments d’optique hautement spécialisés, les « astrographes », qui permettent d’obtenir des photographies d’étoiles et d’objets célestes invisibles à l’œil nu. L’astrophotographie est la clé des progrès de l’astronomie stellaire. Le télescope spatial James Webb, lancé le 25 décembre 2021, a transmis sa première image de qualité scientifique le 7 juin 2022, diffusée par la NASA le 11 juillet. Sa « caméra pour l’infrarouge proche » (NRISS) nous transmet des images de galaxies les plus éloignées, situées à plus de 13 milliards d’années-lumière. L’Agence spatiale canadienne a participé à l’élaboration et à la fabrication de cette caméra, ainsi qu’au « système de guidage fin » (FGS). On prévoit que le télescope James Webb fonctionnera pendant au moins vingt ans. Est-ce que cela nous permettra de mieux comprendre notre place dans l’immensité de cet univers?

Sources :

fr.wikipedia.org/wiki/Photographie

fr.wikipedia.org/wiki/Astrophotographie

La photographie au Canada 1839-1989 : aci-iac.ca