
Claude-André Fortin présentera son exposition de photographies animalières Pelages et Plumages : Un regard sur la beauté animaledans la salle multifonctionnelle de la bibliothèque du 23 juillet au 8 septembre. Le vernissage est ouvert à tous. Il se tiendra le jeudi 23 juillet de 17 à 19 heures. L’artiste photographe blainvillois sera présent. Ce sera une occasion unique d’échanger avec lui sur le monde captivant du huitième art.
Long parcours en photographie
Claude-André Fortin a travaillé comme retoucheur photographique durant une trentaine d’années. En 2010, une opportunités’offre à lui, faire de la photographie sportive pour le club de soccer de Blainville. Ce fut le début de sa carrière de photographe indépendant professionnel. Il y a pris goût et a commencé à se constituer une clientèle commerciale et corporative. Il continue à œuvrer dans ce domaine encore aujourd’hui.

En 2020, avec la pandémie, est venu le ralentissement des affaires. Il a pu s’adonner à un passe-temps. Par un ami, il a appris qu’il y avait une chouette laponne le long de la piste cyclable de Blainville. Il s’y est rendu et s’est mis à la photographier… pendant trois jours! C’est de cette façon qu’il a développé un appétit pour la photo animalière.
Les Laurentides, Laval et Montréal sont son principal terrain de chasse photographique. Parfois en hiver, il va à Yamachiche où on retrouve des chouettes et des hiboux.Il s’est déplacé en Abitibi dans l’espoir de photographier un lynx, le rêve de tout photographe animalier, indique-t-il. Ce sera partie remise. Par contre, dans la région de Dundee, fin mars, il est presque assuré de retrouver, année après année, la grue du Canada. De retour de leur périple dans le sud, c’est par centaines qu’elles y font une escale avant de continuer vers le Nord québécois.
Son exposition Pelages et plumages présente surtout des oiseaux, mais, titre oblige, également des photos de mammifères. « Début mai, je me mets à la recherche de tanières de renards aussi près de chez moi que Laval, Mirabel et même Montréal. J’arrive souvent à y photographier des petits renards de toute beauté. »
Prises de vue
Il ne s’approche jamais trop pour ne pas les effrayer. « J’essaie toujours de me dissimuler. Je suis souvent couché par terre. Les gens prennent souvent les photos d’animaux de leur propre hauteur, donc en plongée. Je trouve que c’est moins spectaculaire. Souvent pour bien lesphotographier, il faut se mettre à la hauteur de leurs yeux. »

Claude-André prend beaucoup de clichés d’oiseaux alors qu’ils sont posés au sol. Ou alors il s’approche en kayak des huards et des canards. Les oiseaux peuvent aussi se posersur des branches qui ne sont pas trop éloignées du sol. Il s’éloigne alors pour diminuer l’angle. Plus il est loin, plus il semblera au même niveau que l’oiseau. Ce qui améliore le rendu photo, explique-t-il. « Je peux le faire parce que j’ai de l’équipement professionnel. Ce n’est pas possible avec des caméras moins performantes. Ce n’est pas toutévidemment. Ça prend les techniques, les connaissances et l’expérience. Avec tout ça et une bonne caméra, on peut faire des photos incroyables! »
Le colibri, si proche…Claude-André a pris des milliers de photos de colibri. Il leur a concocté un petit coin particulier chez lui. Abreuvoir d’eau sucrée, petites branches pour qu’ils puissent se poser. Tous les ans, un couple est au rendez-vous. « Je peux les photographier de ma cuisine! Ça me permet de les prendre dans toutes les conditions. Sous la pluie, par exemple, ça fait des photos différentes et spectaculaires. »
Équipement professionnel
Il a toujours utilisé des appareils numériques Nikon professionnels. Il a changé plusieurs fois de boîtiers au fil des ans pour progresser avec la technologie. Par contre, il garde ses objectifs qui, eux, ne proposent pas tant d’innovation.
Photos brutes
En mode JPEG, c’est l’appareil qui interprète les photos. Claude-André travaille en mode brut (raw) pour obtenir une photographie de base. « Je travaille un peu comme un peintre qui met sur sa toile ce qu’il a dans sa tête, mais en s’inspirant de ce qu’il voit. » Il a toute latitude de décider du contraste, de la saturation, de la balance des blancs, du point noir, du point blanc. Toutes ses photos sont traitées à 100 % dans le logiciel Lightroom. Il aime aussi jouer avec les micros contrastes en ajoutant de la lumière et de l’ombre à certains endroits.Il manipulela profondeur de champ. « J’adore les flous, aussi cocasse que cela puisse paraître. J’ai des appareils qui valent une fortune pour faire des photos techniquement parfaites. Mais je préfère composer un avant ou un arrière-plan flou. De cette façon, l’œil humain va directement vers le sujet. Il se dirige vers ce qui est net. »

Comme il a aussi une connaissance de la photographie de studio, il va parfois installer un flash en contre-jour à l’arrière de son sujet, avec un filtre jaune pour reproduire l’effet du soleil. « Ça m’amuse. Ça fait des photos différentes. J’adore le contre-jour. Ça délimite bien le contour des animaux. J’ai, entre autres, des photos de bébés bernaches au duvet jaune que j’ai éclairés par l’arrière. On peut noter toute la définition du poil. »
Une œuvre bien personnelle
Claude-André Fortin privilégie les prises de vue horizontales. Il a fait de la retouche photographique un art en soi. Il joue harmonieusement de l’ombre et de la lumière. Ses avants et arrière-plans volontairement floutés, enveloppent ses sujets d’une aura vaporeuse qui les met magnifiquement en valeur. Ses photosracontent avec tendresse le bonheur qu’il ressent à admirer et à capturer la beauté animale.

