Geneviève Mercure, une nomade du temps

L’exposition Nomade du temps de Geneviève Mercure prendra l’affiche le 12 mars dans la salle multifonctionnelle de la bibliothèque. L’artiste présentera des sculptures-installations, des estampes, de la gravure et quelques peintures. « J’ai une idée de départ. Ensuite, j’utilise des disciplines, des techniques et des matériaux divers pour l’exprimer au mieux. »

Thématique

Geneviève illustre le vécu d’êtres déracinés par l’immigration. Plusieurs d’entre eux ne changent pas d’environnement par choix. Au cours de sa démarche, elle a rencontré des immigrants pour comprendre leurs parcours : pourquoi ils ont quitté leurs pays d’origine; comment ils ont vécu ce nouveau milieu de vie à leur arrivée. « Ça prend du courage et de la résilience pour s’adapter à une nouvelle culture et se reconstruire », souligne-t-elle.

Le symbole de la valise

Elle utilise la forme d’une valise pour concrétiser sa conception. La valise témoigne de tout le bagage que chacun d’entre nous transporte avec et en soi lorsqu’il se déplace en voyage, même si, contrairement aux déplacés, nous pouvons revenir à nos racines. Car le symbole de la valise ne signifie pas seulement le transport d’effets personnels choisis et précieux, mais aussi la culture qui a forgé notre identité. Sa série de peintures et d’estampes évoque, quant à elle, les rencontres qu’elle a faites lors de ses nombreux voyages. Elle présente des silhouettes de valises dans des environnements étrangers par des contrastes qui soulignent les deux côtés qui nous habitent, le sombre et le lumineux.

Équilibre

Sa sculpture-installation intitulée Équilibre est un bel exemple de sa démarche, porteuse de sens. Elle est constituée d’un pied suspendu dans une armature de métal. La structure de métal fait office de valise. Le pied est fait de papier matière. Le papier possède une légèreté propice au mouvement. Léger aussi est le bagage que l’on porte. Sans oublier que pour voyager, il faut des papiers. Les pieds en équilibre illustrent bien la transition. « C’est comme un maillon qu’on accroche à une chaîne, à un groupe. C’est un lien qui s’attache et se détache. Je voulais que cette sculpture soit aérienne, un peu comme un équilibriste sur ses trapèzes. » À la base de la sculpture, on retrouve un pilon en cire d’abeille. Un pilon dont on se sert pour broyer les épices. « On peut retrouver les mêmes aliments d’un pays à l’autre. Mais ce sont les épices utilisées qui soulignent les différences culturelles. »

Longues années de travail

Geneviève a travaillé sur cette thématique pendant six ans. Le projet, développé au fil du temps, s’est avéré un travail de longue haleine. Pour chacune de ses pièces, elle avait une idée claire en tête au départ. Mais elle a laissé la porte ouverte. Il est arrivé qu’en cours de route, le concept visuel ne correspondait pas à ce qu’elle avait imaginé dans un dessin. « Mais, précise-t-elle, je ne considère jamais que c’est une erreur. Je m’adapte à ce que j’ai entre les mains. Ça évolue. La thématique demeure la même, si la forme, elle, peut changer. Mes créations doivent être intéressantes, mais aussi esthétiques. »

Nomade du temps

Geneviève a choisi ce titre pour l’exposition parce que le bagage d’une vie que l’on tient entre ses mains ne se rapporte pas seulement au lieu, mais aussi à la temporalité. Geneviève sera présente à la bibliothèque le temps d’un vernissage, le jeudi 12 mars de 17 à 19 heures, prête à partager son propre bagage avec nous.