
Une invitation à visionner le film documentaire Koutkekout du réalisateur Joseph Hillel. Dans l’imaginaire collectif, Haïti est trop souvent associé à la violence, aux chaos et aux catastrophes, comme en témoignent les reportages médiatiques qui insistent sur les crises sanitaires, sociales, politiques et économiques qui règnent dans ce pays, depuis la mort du dictateur François Duvalier en 1971. Des citoyens tentent et parviennent à donner un sens à leur existence. Ils résistent par l’art.
Le film produit parn Qu4tre par Quatre Films vient de sortir sur de nombreux écrans au Québec. Il propose un regard neuf sur la société haïtienne. Par le biais de la culture, ils tentent, tant bien que mal, de traverser la crise. Malgré peu de moyens, les artistes haïtiens font preuve d’une grande inventivité. Pour eux, créer est une nécessité pour la survie et pour défendre les droits de la personne.
Depuis le début du XXIe siècle, le Festival Quatre Chemins festival4chemins.com se tient à Port-au-Prince. C’est un espace d’expression et de résistance. Il présente un spectacle original, dans un univers clos, une immense maison avec une cour clôturée, protégée par des gardiens armés. Des jeunes utilisent le théâtre pour faire connaître leurs idées et leur résistance. C’est un grand acte de foi dans la force de l’art. Malgré les nombreux obstacles, ces jeunes Haïtiens utilisent la culture pour faire connaître leurs préoccupations.

L’équipe de tournage du film.
Un documentaire sur la force de l’art
Joseph Hillel est né en Haïti et habite Montréal depuis plusieurs années. Son documentaire suit, pendant plus d’une année, des artistes engagés qui préparent leur spectacle. Ces jeunes désirent rester en Haïti et vivre heureux. Ils espèrent un futur plus radieux. Pour eux, l’art est une des solutions aux nombreux problèmes qui affectent leur peuple.
Le documentaire nous présente plusieurs personnages importants de la communauté culturelle haïtienne. Des figures marquantes et des témoignages originaux, comme celui du grand poète Frankétienne. Dans une entrevue inspirante, ce dernier livre ses réflexions, souvent d’une manière poétique, sur son pays. Ce sera l’une de ses dernières prestations publiques avant son décès à 89 ans, en février 2025. En visionnant ce documentaire, vous constaterez la place centrale que jouent les femmes dans la société haïtienne.

Une scène du film Koutkekout.
La caméra sort de son lieu protégé pour présenter des musiciens dans les rues de Cap-Haïtien. Le documentaire nous donne la chance de voir la vie quotidienne en Haïti. Il laisse parler des jeunes qui réfléchissent à ce que signifie l’identité haïtienne. C’est un regard actuel sur la vie quotidienne. Les costumes sont flamboyants. On entend souvent les tirs de mitraillettes. Ces jeunes créateurs haïtiens sont au diapason de ceux qui créent à Montréal et à Paris actuellement. Ils valorisent les arts vivants et préfèrent monter des pièces nouvelles pour sensibiliser le public à leur vécu, leurs sentiments et leur vision du monde qui se veut originale et moderne, sinon post-moderne. Ils témoignent d’une approche innovante de la création, qui priorise l’équité, l’inclusion et la diversité. Ils ne se réfèrent pas aux classiques universels du théâtre, Eschyle, Sophocle, Euripide, Corneille, Racine, Molière, Feydeau, etc. Ce faisant, ne rejettent-ils pas une plateforme qui rendrait plus visibles leurs préoccupations?
- Vous pouvez avoir une idée du documentaire sur youtube.com/watch?app=desktop&v=MOCmsQBTcJg
KOUTKEKOUT : le nouveau film de Joseph Hillel sur l’art et la résistance en Haïti à l’émission Entre Nous sur ICI Télévision et la Cinémathèque québécoise offrent une bande-annonce du film cinematheque.qc.ca/fr/cinema/koutkekout/

