
Cet historien nous fait découvrir plus de 300 romans et récits écrits entre 1800 et 2013, par des écrivains d’ici et des États-Unis, avec comme thème l’Iroquoise. Ces textes se divisent en trois parties. La première concerne ceux écrits entre 1800 et 1930, la deuxième partie inclut les Métis et la troisième partie, les plus récents, traite des livres autochtones. Pour les Québécois, autrefois appelés Canadiens, que la littérature intéresse, il est nécessaire de comprendre ce qui constitue notre imaginaire en tant que peuple, qui occupons un territoire depuis plus de 400 ans et qui entretenons des relations avec les représentants des Premiers arrivants venus d’Asie en Amérique. Comme eux, nous sommes tous originaires d’Afrique.
L’Iroquoise, est une légende qui est au centre de notre imaginaire nord-américain. Je dois avouer que je me considère comme une personne qui valorise la culture, mais je n’avais jamais entendu parler des quelques 300 romans écrits aux XIXe et XXe siècles, avec la femme iroquoise comme personnage central. Dans ce premier texte, je vous informe des romans écrits entre 1880 et 1930. J’ai vérifié dans plusieurs Anthologies de la littérature québécoise, comme celle de mon collègue du Cégep de Saint-Jérôme, Serge Provencher, et aucune ne mentionne les auteurs présentés par Guildo Rousseau.
Il a consacré 30 années de recherches sur ce sujet. Il est docteur ès lettres et a été professeur de littérature comparée et d’histoire culturelle à l’UQTR, de 1976 à 1999. Son livre présente une bibliographie, de type doctorat, de 40 pages avec 665 références et un Index des noms cités. Du sérieux. Sa découverte, en 1984, du texte de la version américaine de La légende de l’Iroquoise, parue dans The Truth Teller de New York, le 14 juillet 1827, l’encourage à poursuivre ses recherches à propos de l’auteur, toujours anonyme, de la légende. Ses efforts sont récompensés en août 2010 quand, enfin, il découvre en la personne de la romancière américaine Catharine Maria Sedgwick (1789-1867), l’auteure véritable de la légende publiée pour la première fois en 1825 sous le titre The Catholic Iroquois. Ces deux découvertes majeures lui permettent d’identifier l’origine de l’imaginaire québécois nord-américain.
L’Iroquoise occupe une place prépondérante dans nos récits littéraires. Des chansons, contes, poèmes, récits, romans, pièces de théâtre, peintures, sculptures témoignent de l’importance de cette figure mythique et symbolique. L’Iroquoise, Françoise Gonannhatenha, porteuse d’un tragique destin, est l’une des héroïnes martyres de ces récits. Même Chateaubriand, en France en 1801, s’en inspira avec son roman Atala qui devint son premier succès littéraire. Pour Rousseau, l’importance des récits, avec comme personnage principal l’Iroquoise, tente de compenser l’infériorisation dans laquelle les Européens ont placé les habitants du Nouveau-Monde. « D’où notre immense et éternel regret d’avoir ainsi abandonné l’Indien aux dictatoriaux d’une civilisation du Nouveau Monde inventé par les Européens. »
Pour mieux nous comprendre en tant que Québécois, il me semble important de connaitre ces récits et ceux de l’anthropologue Serge Bouchard, qui préface le livre de Rousseau. Ce livre m’a été donné par Antoine-Michel Le Doux, historien, pour que je le résume. J’en profite pour l’inviter à revenir au journal Le Sentier pour continuer à nous informer de l’histoire locale de Saint-Hippolyte, le Camp Bruchési, les vitraux de notre belle église, des domaines qu’il connait bien, en tant qu’historien expert.
Guildo Rousseau, La légende de l’Iroquoise Aux sources historiques de l’imaginaire québécois, Les Éditions GID, 2018, 515 pages.

