C’est le 1er novembre que le Théâtre Gilles-Vigneault accueillait l’unique et si talentueuse Lynda Lemay. Cette figure qui est reconnue dans le paysage culturel sait attirer les gens de toutes les générations. Son sourire invitant et sa pétillante personnalité ont su ensoleiller la grisaille de cette fin d’automne.
Créer onze albums de onze chansons sur onze thèmes différents, voilà tout un défi que l’artiste a mené à bon port en l’espace de trois ans. Lynda est une réputée auteure-compositrice et interprète. Car pour chacun de nous, c’est Lynda tout simplement. Par ses textes touchants, drôles ou dramatiques, elle transpose tant d’états d’âme. Voilà pourquoi seul son prénom est suffisant et cela nous la rend encore plus attachante. Elle se présente sur la scène avec sa fidèle amie, sa guitare. On ne pourrait pas l’imaginer sans cet instrument pour nous raconter ses histoires, d’une intelligence non artificielle.
Intensité, liberté des mots et poésie!
Lynda débute sa Onzième Folie en disant « Je vais faire une déclaration d’amour à mon HB ». C’est donc avec Drôle de mine qu’on y entend « T’as du plomb dans la tête, j’veux même pas t’aiguiser », etc., nous signifiant qu’elle s’adresse à son crayon, un objet indispensable pour cette créatrice. Avec sensibilité, elle nous offre Ta robe et la version remaniée de La Marmaille, qui incite l’auditoire à l’accompagner d’emblée.
Comme une grande murale derrière Lynda, on y voit un énorme V. Elle nous explique « cela peut vouloir dire vague, voguer ou voyage, mais par-dessus tout au lieu de dire la vieillesse disons victoire »! Elle n’est pas avare de paroles tant au niveau de ses textes ou de celles exprimées envers son public. Son humour est aussi délicat que le cristal, mais aussi solide que le roc dans ses constatations. Un clin d’œil est fait, suite à la pandémie avec La Visite et l’assistance ne boude pas son plaisir en l’accompagnant. Si nos oreilles ont reconnu plusieurs de ses œuvres, certaines autres, telles que Moi les prénoms, Le cornet, Maintenant qu’les hommes, Mon drame, etc., ont su nous captiver tout autant.
Les sentiments chantés
Chanteuse et parolière chevronnée, Lynda aborde avec finesse des sujets tels que les abus de pouvoir, le deuil, la vieillesse, tout comme ceux reliés à l’enfance et l’amour. Lynda nous demande « est-ce qu’il y a des frustrées dans la salle? », avant de nous offrir Au nom des frustrées qui fait toujours sourire. Puisque sa maman est présente ce soir-là, elle lui dédie Une mère, ce qui rend son interprétation encore plus touchante. L’artiste nous parle d’un poison appelé la culpabilité, car selon elle, on n’est jamais autant déçu que par soi-même. Suite à cela, elle nous fait le cadeau d’une nouvelle création dont le titre n’est pas révélé. Avec humour, elle nous annonce que selon une étude 95 % des hommes seraient fidèles, quelle belle excuse pour entendre Les souliers verts que tous reconnaissent. Avec une joie évidente, Lynda nous transmet La Lune et le miel qui est toujours très demandée au fil des ans.
Des émotions à fleur de peau
En compagnie de Lynda, on peut passer du rire aux larmes en l’espace de quelques minutes. Le tout en complicité avec ses fabuleux musiciens Claude Pineault à la guitare et au piano et de Marc Angers au violon et à la mandoline. Avant de se quitter, Lynda revient sur la scène vêtue d’un veston d’homme afin de mieux s’approprier Alphonse cette composition portant le prénom de son père. Une belle surprise l’attendait quand le jeune compositeur Alphonse Bisaillon est monté sur la scène où il s’est accompagné au piano pour lui chanter Lynda à la manière d’Alphonse, créant ainsi une douce revanche en modifiant les paroles. La principale intéressée lui a répondu à la blague « chanter ça devant ma mère! » À noter que Bisaillon performera en mai 2026 à la Salle Antony-Lessard.
Ce soir-là, pendant plus de deux heures, nous aurons fait une traversée musicale avec près de 25 titres que Lynda nous a interprétés. C’est si peu quand on constate son vaste répertoire. Après quelques minutes d’attente, elle revient afin de clore avec Le plus fort, c’est mon père, et elle nous mentionne « je la fais, car en plus ma mère est ici ». Durant le refrain, son doux regard s’ancre vers celui de sa maman, définissant l’amour qui les unit. Une généreuse ovation est offerte à celle qui a foulé de grandes scènes en France et récolté de prestigieux prix. En revenant parmi nous, elle commet la plus belle des folies. Elle remercie les techniciens et le théâtre pour l’accueil avant de rencontrer les gens.
Pour infos : theatregilles-vigneault.com
Crédit photo : gracieuseté


