
Le 15 juillet dernier avait lieu la première médiatique de Boulevard Pérusse au Théâtre Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Cette comédie loufoque est issue de l’imaginaire hors norme de François Pérusse. Reconnu pour ses idées très particulières et colorées, il transpose enfin sur la scène ce qu’il concoctait depuis plusieurs années.
Boulevard Pérusseou théâtre de boulevard ?
Avant d’entrer dans la salle, une bicyclette jaune décorative était mise en évidence. Ainsi, on pouvait faire le lien avec la chanson Guy y’a un bicycle jaune que François popularisa en 1992 sur la musique de Me and Mrs Jones(1972). L’histoire raconte les péripéties d’une famille québécoise qui a fondé une entreprise multinationale, qui invente et conçoit presque tout écologiquement. Mais une de leurs usines sera contrôlée par un pays gouverné par un dictateur. La famille inventrice sera sous l’œil inquisiteur du ministre du Commerce. Tout dégénère lorsqu’un employé qui a fui son pays d’origine viendra dénoncer une situation inhabituelle à ses patrons québécois. Il leur faudra agir rapidement, car, paraît-il, des gens sont en danger là-bas.
Voilà en bref le fil conducteur, mais pour la suite, la signature de Pérusse est fortement ancrée dans des jeux de mots très reconnaissables et uniques. Le scénario et les dialogues, tout comme ses personnages, surgissent parfois de nulle part. François nous avise « attention, il y a des portes, beaucoup de portes qui s’ouvrent et se ferment ». En tant qu’auteur et concepteur musical, il va même jusqu’à s’interposer vocalement durant la représentation, mais on ne le verra pas sur la scène. Ses répliques en accéléré viennent pimenter les échanges parmi la troupe. Tout comme les textes, les costumes sont assez fantaisistes. Par exemple, lorsque Cynthia se présente avec un costume qui nous rappelle Les Oraliens, ces sympathiques extraterrestres que l’on retrouvait dans cette série jeunesse des années 70. Est-ce un hasard si on aperçoit un extraterrestre durant la pièce? Mention spéciale à Hugo Bélanger qui signe l’incroyable mise en scène.

Un bref aperçu
Sous la production du groupe Encore Spectacle, les excellents comédiens nous ont épatés du début à la fin. Chacun d’entre eux assume un rôle principal et différents autres qu’il serait difficile de nommer. On y découvre Victor Davilier (Martin Héroux) et son épouse Mylene (Ève Landry, pour la saison estivale et pour 2027, ce sera Édith Cochrane), Cynthia, leur fille (Marie-Ève Trudel), Moussah (Philippe Racine), Alphonse (Erich Preach) et, pour plusieurs personnifications, David-Alexandre Després. L’histoire se déroule au printemps 2041 et en introduction, on peut y entendre quelques extraits des fameuses Deux minutes du peuple que François nous a servies de 1990 à 1996. Ces capsules humoristiques furent très appréciées, tant ici qu’en Europe. Les nombreux gags absurdes, les jeux de mots très particuliers ont su ravir les« Pérussiens »présents ce soir-là.
À titre d’exemple, lorsque Victor mentionne que, pour le frigo, on aurait pu dire le fri…stop. Lorsqu’il est question de café équitable, on voit apparaitre un demi-cheval sur la scène en guise de cafetière. D’autres répliques telles que : « Je traite pas le comptable de colonne » ou « S’il y a un hippopotame dans ton frigo, il y a une pinte de lait au zoo de Granby »ou bien « Je complique la vie de tout le monde, je me sens comme une nutritionniste ».
Un défi relevé pour cette première
Vers la fin de la présentation, un clin d’œil est offert au fameux Jean-Charles, créé par Pérusse, et que l’on retrouve dans certains segments des fameuses Deux minutes du peuple. Le tout se termine avec un effet qui simule des feux d’artifice de chaque côté de la scène, donnant un ton explosif à la conclusion. Une ovation bien méritée est transmise à tous les artisans de cette production. François vient rejoindre toute l’équipe et il confie au public « Je suis ému, car c’est une première pour moi. Merci à vous tous ». Pendant plus de 90 minutes, l’imagination débordante de Pérusse s’est transposée sur une scène en version théâtrale, et ce, pour la première fois de sa carrière. La salle comble témoigne du vif intérêt pour cet artiste, qui se distingue par son sens du comique bien éclaté. Cette pièce déjantée, combinée à l’incomparable jeu des acteurs, est un gage de succès avec déjà plus de 30 000 billets vendus. Une tournée est amorcée jusqu’en décembre 2027. On visite boulevardperusse.com pour plus d’infos.

