Bien souvent les gens écrivent comme ils parlent. D’autres, par ailleurs, parlent comme ils écrivent.  Ce qui en résulte n’est pas toujours d’heureuse facture.  Les règles s’appliquent à l’un ou l’autre mode d’expression, différents certes, mais l’objectif dans les deux cas reste le même : se faire comprendre.  Lorsqu’on parle, il convient de moduler le débit et le volume pour s’assurer de bien transmettre le message.

 

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est l’écrit.  Ce que l’on recherche, c’est la clarté, le rythme, la structure logique.  À cette fin, nous avons recours, entre autres, à la ponctuation.  La ponctuation permet d’organiser le texte, de le rendre compréhensible, équilibré, fluide.  Elle permet de structurer la phrase, de la scander, de la p o n c t u e r.  Tout comme l’enchaînement verbal doit se dérouler en incluant des pauses laissant au locuteur le temps de reprendre son souffle, le texte écrit doit pouvoir respirer pour en faciliter l’absorption par le lecteur.

 

Le terme ponctuer émane du latin punctuare, lui-même issu de punctum, qui signifie point (aussi piqûre). On retrouve notre principal signe de ponctuation, le point, C’est lui qui donne l’appellation ponctuation, même si sa fonction propre demeure limitée.  L’utilisation de la ponctuation, ou ponctuer, permet de signaler la fin des phrases, les portions de phrase dans la langue écrite, les pauses ici et là en mode lecture, et aussi de souligner les changements d’intonation ou de tonalité.

 

Les signes de ponctuation sont les suivants : le point ( . ), ses compagnons le point d’interrogation ( ? ) et le point d’exclamation ( ! ), les deux points ( : ), les points de suspension

( … ), les parenthèses ( ( ) ), les crochets ( [ ] ), les guillemets ( « »  ), le tiret ( – ), l’astérisque ( * ) et l’alinéa, signe virtuel.  Il n’est pas oiseux de les analyser pour en comprendre la fonction, l’utilité et la nécessité.

 

Le point est le signe indiquant la fin de la phrase.  Le texte est ainsi divisé en sections de longueurs variées, en évitant l’excès des phrases interminables.  Il est préférable de faire deux ou plusieurs phrases plus brèves qu’une très longue, sinon le lecteur ou l’auditeur risque d’en perdre le fil, et même de s’égarer carrément dans les méandres verbaux, voire verbeux.  Il y a un point que les amateurs (ou victimes !) de dictées sont heureux d’entendre, c’est le point… final !

 

Il y a deux variantes au point tout court, le point d’interrogation et le point d’exclamation.  Leurs dénominations laissent entendre leurs fonctions respectives.

 

Le point d’interrogation sert à indiquer qu’une phrase formule une interrogation directe, pose une question.  Par exemple, on dira : « Aimez-vous le chocolat et les framboises ? », ou encore « Quelle heure est-il ? ».  Dans l’interrogation indirecte, comme « Elle se demandait pourquoi il s’était absenté. », pas question de mettre le point d’interrogation.

 

Le point d’exclamation rehausse l’expression d’une émotion, d’un sentiment, comme la joie, la surprise, l’indignation.  Il peut terminer la phrase ou être intercalé à l’intérieur de celle-ci sans y mettre fin.  Il se met aussi après une interjection.  Ainsi, on lira « Vous y croyez, ça alors ! », ou encore « Ô liberté ! que de crimes n’a-t-on pas commis en ton nom ? ».  On dira aussi « Et bien ! il fut se dépêcher. »  On peut même en trouver deux parfois, l’un après l’interjection et un autre à la fin de la phrase.

 

La virgule, du latin virgula, petit trait, sert à créer une courte pause entre deux propositions ou différents termes non reliés par une conjonction.  C’est sans doute le signe le plus courant.  Quelques exemples : « Adieu ! veau, vache, cochon, couvée. », « Les hommes naissent, vivent et meurent. »« À l’aube de chaque nouvelle journée, c’est la vie que l’on célèbre. ».

 

Le point-virgule crée dans la phrase une pause un peu plus longue que la virgule.  Il sépare des propositions de même nature.  Par exemple, on écrira « Les hommes viennent de Mars ; les femmes viennent de Vénus. ».  Son usage ne s’impose pas toujours, parfois la virgule s’y substitue.  D’autres fois, on recourt au point simplement, on a alors deux phrases séparées.

 

Les deux-points sont le prélude à une citation, ou encore annoncent une explication fournissant des précisions sur ce qui précède.  Exemples :  Le croupier se redressa et conclut : « Rien ne va plus ! » ; ou aussi Dans le système solaire, il y a quatre planètes telluriques : Mercure, Vénus, la Terre et Mars.

 

Les points de suspension signifient que la pensée, la réflexion, l’expression restent incomplètes pour différents motifs, réserve, émotion, menace.  Comme dans « Vous vous joignez à nous, sinon… ».

 

À ce point de la chronique, les points de suspension sont aussi une façon de dire que nous poursuivrons le sujet le mois prochain.

 

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