Je dois d’abord demander votre indulgence pour avoir oublié par inadvertance dans la chronique du mois dernier d’inclure au quatrième paragraphe deux signes de ponctuation fort connus et utiles, soit la virgule (,) et le point-virgule (;). Toutefois dans le texte qui suivait, ces deux signes ont eu droit chacun à leur paragraphe.

 

Les signes de ponctuation qu’il nous reste à aborder sont les suivants : les parenthèses (( )), les crochets ([ ]), les guillemets (« »), le tiret (), l’astérisque (*) et l’alinéa signe virtuel.

 

Les parenthèses et les crochets servent à insérer, dans la phrase, des éléments non indispensables à l’intelligence du texte, qu’ils soient de nature explicative ou qu’ils représentent une réflexion sur le sujet. On écrira, par exemple, « Les randonneurs sont invités à se présenter au Centre des loisirs et de la vie communautaire (anciennement le pavillon Roger-Cabana) à 9 heures pour une marche dans les sentiers avoisinants ». Les crochets, qui parfois intègrent des parenthèses en leur sein, sont aussi utilisés pour ajouter des mots manquants hypothétiques. Exemple de crochets avec parenthèses intérieures : « Joachim du Bellay s’est fait l’apôtre du français [La Défense et illustration de la langue française (1549)] pour montrer sa reconnaissance envers François 1er ». Pour les mots absents supposés, on dirait « Nonobstant tous ses efforts, il n’a pas réussi [à atteindre] l’objectif qu’il s’était fixé ».

 

Les guillemets, que l’on ouvre ou ferme tout comme les parenthèses et les crochets, encadrent des citations, des dialogues, des passages textuels ou des expressions étrangères qu’on veut faire ressortir. À titre d’illustration, nous aurons : Il déclara aux douanes : « Je n’ai rien à déclarer ». Ou encore : Nous avons été témoins de la chute de ce régime honni, un véritable « Götterdämmerung ».

 

Les tirets signalent dans un dialogue qu’on change d’interlocuteur. Ils servent aussi, à la manière des parenthèses, à isoler, encadrer une expression ou un groupe de mots pour en relever l’importance. Ainsi, l’échange entre son père Don Diègue et Rodrigue :

  • Rodrigue, as-tu du cœur ?
  • Tout autre que mon père

l’éprouverait sur l’heure.

Pour souligner la gravité d’une situation, on pourrait dire : « Vous trouverez ci-après une liste – et ce n’est là qu’un pâle aperçu – des carences de ce dossier ».

 

L’astérisque, représenté par une petite étoile (d’ailleurs, c’est ce que le mot veut dire), annonce un renvoi explicatif, habituellement en bas de page. On y recourt aussi, souvent en triple exemplaire, pour indiquer un nom propre qu’on ne veut pas identifier. On pourrait écrire : Ce curieux personnage semblait bien empêtré dans un samsara* sans horizon de sortie. En bas de page, on remettrait l’astérisque suivi de l’explication du mot.  Pour l’inconnu ou l’innommable, pourquoi pas un léger harrypotterisme : Notre jeune sorcier avait subodoré la présence du terrible V***, celui dont on ne doit pas prononcer le nom…

 

L’alinéa n’a pas de représentation propre. Il affecte la disposition du texte. Il marque généralement le passage d’un paragraphe à l’autre. À l’oral, la pause est plus longue qu’après un simple point. À l’écrit, on voit l’espace entre les deux paragraphes, le nouveau paragraphe commençant légèrement décalé vers la droite par rapport à la ligne de marge verticale gauche. Dans les dictées, on entendra soit « alinéa », soit « à la ligne ». Force est de constater que l’on voit de moins en moins le décalage en début du paragraphe suivant l’alinéa, ce qui ne contribue pas vraiment à la clarté du texte et de sa lecture.

 

Si vous n’êtes pas convaincu(e)s de l’importance de la ponctuation, regardez de plus près ce qui suit. En somme, qui est l’âne ?

Sans ponctuation, nous aurions la phrase : Le maître dit l’inspecteur est un âne.

Nous pouvons ponctuer de deux façons :

 

Le maître dit : « L’inspecteur est un âne. »

Le maître, dit l’inspecteur, est un âne.

 

Alors, à vos marques, prêts, p o n c t u e z!

 

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