Il y a certains oiseaux qui ne cessent d’étonner tant par leurs prouesses que par leurs comportements à la fois changeants et inusités. Les sittelles sont sûrement les championnes de l’acrobatie dans nos forêts.
Ces petits oiseaux, qui peuvent mesurer de 11 à 15 cm, sont devenus spécialistes dans l’art de parcourir les troncs d’arbres en tous sens, et particulièrement en les sillonnant la tête en bas. Contrairement aux pics qui possèdent une queue longue qui leur sert d’appui, les sittelles ont une queue courte et tronquée qui n’aide pas au maintien de l’équilibre lors de leurs aléatoires montées et descentes, ce qui ne les empêche pas de grimper avec aisance sur la route de l’écorce.
L’oiseau qui picore
Le mot sittelle provient du grec sitte qui veut dire « oiseau qui picore l’écorce d’un arbre ». En effet, grâce à cet indispensable outil qu’est leur bec fin et droit, ces oiseaux recherchent les œufs et les larves d’insectes qui sont cachés derrière quelque fente d’écorce. En sondant la surface rugueuse des troncs d’arbres, ils délogent les menus invertébrés qui s’y sont abrités pour l’hiver. Les sittelles ne dédaignent pas se nourrir de graines qu’elles coincent volontairement dans l’axe d’une branche pour ensuite les casser de leur bec fin.
La Sittelle à poitrine blanche
Bien que l’on puisse observer deux espèces de sittelles dans notre région, la Sittelle à poitrine blanche est plus commune. Cette dernière apprécie les forêts feuillues et les forêts mixtes ayant atteint la maturité. Elle visite régulièrement les mangeoires et peut même venir cueillir une graine de tournesol dans votre main. Cet oiseau ne semble pas aimer rester longtemps au même endroit. Il a la bougeotte facile et se plaît à lancer de petits cris aigus tout en continuant son parcours arboricole. Son vol est saccadé et rapide.
La Sittelle à poitrine rousse
La Sittelle à poitrine rousse, quant à elle, préfère les forêts de conifères où elle se nourrit d’insectes et aussi de graines qu’elle extrait des cônes de ces arbres. En hiver, certains individus migrent plus au sud et s’approchent alors des habitations. Cette sittelle est reconnaissable à sa plus petite taille et surtout à cette ligne noire qui traverse son œil comme un bandeau. Sa poitrine est d’un brun roux et son cri est bien plus nasillard que celui de sa proche parente, la Sittelle à poitrine blanche. Elle émet aussi de petits cris fins et aigus lorsqu’elle se promène d’un arbre à la mangeoire.
L’excavation d’un nid…
Les sittelles creusent leur nid dans des arbres vermoulus ou empruntent un trou de pic qu’elles garnissent au besoin de matériaux divers. Curieusement, la Sittelle à poitrine rousse entoure l’entrée de son nid avec de la gomme de sapin. Cette technique aurait pour but de décourager les insectes d’envahir sa demeure!
Devenir sittelle
Dans la morne tranquillité de cette fin d’automne, je me réjouis de la présence de cet être clownesque qui montre son caractère avec fierté. Tout cela me pousse à faire un peu de philosophie. De nombreux événements nous incitent à être ternes, à prendre la couleur des murs, à calquer les habitudes et les goûts des autres. Pour éviter cette tendance au conformisme, il faut à tout prix devenir sittelle. Pourquoi? Tout simplement parce que la sittelle est un oiseau imprévisible, qui garde un contact sonore avec son entourage, qui ne cesse de surprendre par son agilité et son audace. De plus, la sittelle ne se laisse pas abattre par l’ouvrage qu’il reste à faire et finalement, elle sait « prendre son trou » lorsque la journée s’achève!


