Le réveil de la nature

Anguille d’Amérique, photo : Flickr.com

Mars est un mois charnière dont les jours oscillent entre l’hiver et le printemps. À cette période, la rotation de la Terre fait en sorte que le soleil se rapproche de plus en plus de son apogée au-dessus de l’équateur.

Le 20 mars 2026, date de l’équinoxe du printemps, le soleil s’y tiendra au zénith. Après cette date, l’hémisphère nord sera orienté vers le soleil et se réchauffera progressivement. Malgré qu’il reste souvent de la neige en mars, les animaux et les plantes sentent que le printemps est à nos portes. Voyons ce qui se trame dans la nature durant ces jours d’éveil.

Oiseaux :

En mars, certains grands corbeaux ont déjà entamé leur nidification. Le tarin des pins, petit passereau granivore, de la même famille que le chardonneret jaune et le gros-bec errant, commencent à construire son nid. Le moucherolle phébi, oiseau insectivore, est un des premiers oiseaux qui revient de sa migration hivernale. Les cygnes siffleurs, qui ont hiverné dans la baie de Chesapeake aux États-Unis, sont de passage dans le sud du Québec en route vers la toundra arctique où ils se reproduisent. Mars voit aussi le retour de l’urubu à tête rouge et du merle d’Amérique.

Mammifères :

Mars est le moment où les jeunes castors doivent quitter la hutte familiale pour trouver un/e compagnon/compagne et fonder une nouvelle colonie. Les jeunes mâles qui trouveront un espace propice marqueront leur territoire à l’aide du castoréum, une sécrétion odorante des glandes anales. Le printemps amène des températures plus clémentes et c’est à ce moment que l’ours noir sort de sa léthargie hivernale. La femelle, dont les petits sont nés au tout début de l’année, sort de sa tanière et recherche frénétiquement de la nourriture.

Végétaux :

Le chou puant (symplocarpe fétide) produit autour de sa fleur une enveloppe épaisse dont la température interne est de 15 à 30 °C plus chaude que l’air ambiant, ce qui lui permet de faire fondre la neige et la glace autour d’elle et de fleurir très tôt au printemps. Cette plante des bois humides et des terrains marécageux vit très longtemps (plus de 70 ans dans certains cas) et ne fleurit qu’après une longue période de croissance. Elle dégage une forte odeur de moufette quand elle est piétinée, d’où son nom évocateur. Le printemps amène aussi le réveil des arbres dont les bourgeons sortent de leur dormance hivernale. Les érables argentés sont les premiers à arborer des bouquets de bourgeons floraux.

Arthropodes :

Dès que les températures oscillent autour du point de congélation, on voit sur la neige l’apparition d’amas de grains de poussière… vivants! Car ce ne sont pas des grains inertes, mais bien des collemboles nivicoles (appelée aussi puces de neige) qui se déplacent et sautent sur la neige. Ces arthropodes migrent à la surface de la neige durant les journées chaudes pour se nourrir de détritus organiques. Elles sont totalement inoffensives autant pour les humains que pour les chiens. C’est aussi en mars que les mouches domestiques sortent de leur période de léthargie : les adultes reprennent la reproduction, les larves et les pupes dégèlent. Les femelles peuvent pondre entre 500 et 1000 œufs qu’elles déposent sur de la matière organique. La larve sort de l’œuf au bout d’un jour et l’adulte, qui a subi quelques mues, vivra quelques semaines.

Poissons :

Au printemps se produit une migration méconnue, mais essentielle pour une espèce de poisson fascinante : l’anguille d’Amérique. Ce poisson, qui vit aussi bien dans l’eau douce que dans l’eau salée, entame sa phase de reproduction quand il atteint la maturité sexuelle (mâles : 5 ans; femelles : 20 ans). À ce moment, toute la population fertile de l’Amérique se déplace jusqu’à la mer des Sargasses, située au sud des Bermudes. Un périple de 6 000 km pour les anguilles du Québec. La femelle y pond entre 2 et 20 millions d’œufs qui seront fécondés par les mâles. Les larves (appelée leptocéphales) qui auront survécu remonteront vers nos côtes grâce au courant du Gulf Stream. Chaque individu ne fraie qu’une seule fois dans sa vie. On pense qu’après cette phase de reproduction, les anguilles adultes meurent. À noter que l’anguille d’Amérique est classée parmi les espèces en péril par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). C’est d’autant plus inquiétant que toutes les anguilles d’Amérique ne forment qu’une seule population de reproduction. S’il y a déclin d’une partie de la population dans une région, même s’il n’y a pas de baisse ailleurs, c’est toute la population qui sera en déclin.

Reptiles :

Dès le printemps, les couleuvres rayées sortent de leur hibernation et quittent leur refuge pour se reproduire. Elles forment alors des nœuds d’accouplement : plusieurs individus se rassemblent et s’emmêlent en tentant de s’accoupler. Cette couleuvre est très commune. Elle habite autant les forêts que les friches et les milieux humides.

Assemblée générale annuelle

L’assemblée générale annuelle du CRPF aura lieu le jeudi 16 avril 2026, à 19 h, au Centre des loisirs et de la vie communautaire, 2060, chemin des Hauteurs, Saint-Hippolyte (aussi connu sous le nom de Centre de plein air Roger-Cabana).

On y présentera un résumé du rapport annuel 2025 et des élections aux postes d’administrateurs auront lieu. Pour voter à l’AGA ou encore pour présenter sa candidature comme administratrice ou administrateur, il faut être un membre en règle. Pour devenir membre, il suffit d’avoir fait un don au CRPF d’une valeur minimum de 20 $ dans l’année précédant la tenue de l’AGA.

Pour faire un don : parcdesfalaises.ca/faire-un-don Fi

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