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Lettre d’opinion, Camp COCRÉA: un projet controversé au Lac Achigan


M. Éric Desroches, de Cocréa Immobilier et Groupe R3, nouveau propriétaire du site du Camp Bruchési a fait la présentation de son nouveau projet, le 16 août dernier. Malheureusement, plusieurs citoyens n’avaient pas été mis au courant de cette présentation. Malgré tout, un bon nombre étaient présents. À la fin de la présentation, les citoyens ont pu prendre la parole pour exprimer leurs inquiétudes et désaccords face au projet. M. Desroches a été très courtois tout au long de son exposé et de la période de questions qui a été assez animée. Les conseillers municipaux et le maire ont brillé par leur absence.

 

En résumé, voici les grandes lignes du projet ainsi que nos observations et questionnements, en tant que citoyens de St-Hippolyte.

Le projet au Lac de l’Achigan s’établit sur une projection de 5 ans et sera, selon le certificat d’autorisation émis par la municipalité, un Camp de vacances pour adultes qui accueillera plus de 100 personnes par jour. Tout porte à croire, que les activités et services qui seront offerts, cibleront du tourisme de ressourcement, récréotouristique et offrira aussi des forfaits d’hébergement de 1 à plusieurs jours. La location court terme, soit dit en passant, est défendue sur le territoire. Il prévoit construire 25 mini cabines de 12’ x 20’, centre d’accueil avec 25 chambres et restauration, sur le Belvédère, bâtisse pour spa et sauna, grand stationnement, nouvelle rue, bâtisse pour remisage nautique, amphithéâtre pour réunions, spectacles et activités organisées, activités nautiques et plus. Les permis vont être demandés à la pièce ce qui empêche d’avoir une vue d’ensemble. Le projet va se définir au fil du temps.

Ce que les citoyens dans la salle ont compris est que le projet accepté par la ville ne correspondait pas à un camp de vacances tel qu’inscrit dans ses règlements. Le tourisme de ressourcement est une industrie en soi. Ce sont des activités commerciales offertes par une entreprise commerciale auprès d’une clientèle touristique et qui ne bénéficie aucunement à la population locale.

Sommes-nous en mesure et avons-nous la capacité d’accepter une large clientèle touristique sans qu’il y ait des répercussions sur le voisinage et l’environnement? Il semble que l’on voulait régler ce dossier rapidement, sans consultation publique, puisque lors d’un dernier conseil municipal il a été dit que cela faisait 15 ans que ce dossier est litigieux et que la décision a été prise que ce nouveau projet répond aux critères de la ville. Dans la règlementation de zonage en vigueur 1171-19, il a été ajouté en 2019 une nouvelle classification, Centre de vacances. Le maire a stipulé lors de cette réunion, que la définition entre Camp de Vacances et Centre de Vacances est très mince. Pourquoi avoir ajouté une nouvelle classification ou affectation qui distingue les deux ? Est-ce que le Camp COCRÉA deviendra ‘’officieusement’’ un Centre de Vacances ? Le projet a tous les éléments pour le devenir. Et, si tel est le cas, les 4 camps de vacances à St-Hippolyte pourraient dans l’avenir devenir, aussi officieusement, des Centres des Vacances. Voulons-nous accepter un tel changement, tel que décrit ? Se poser la question est y répondre.

Les citoyens se sont aussi questionnés sur ce qui va arriver si le projet ne se déroule pas comme prévu. Le projet va-t-il encore plus évoluer vers de l’hôtellerie ou devenir un développement résidentiel de location de chalets ? Le promoteur n’a pas pu répondre à cette question car il ne sait pas ce qui va arriver dans l’avenir. Les citoyens présents sont inquiets de l’impact sur le voisinage de la circulation, de la présence de touristes, de l’augmentation des activités sur le lac, du nombre d’embarcations, du karaoké, de chansonniers et du bruit. Les gens sont venus habiter ici car c’est résidentiel, tranquille et dans la nature. Le projet Cocréa offre de faire vivre cette expérience à des personnes de l’extérieur, à notre détriment. L’impact environnemental du projet, notamment sur le lac et l’espace vert, n’a pas été abordé par le promoteur. Ce projet occasionnera d’importantes répercussions sur l’environnement : dégradation des paysages naturels, conséquences sur les espèces sauvages et la biodiversité, pollution du cours d’eau et du littoral, etc.

La coupe d’arbre sur le site du Camp Bruchési est-elle seulement le résultat de la récente tempête de vent ? Un citoyen en doute pour avoir constaté sur place et le promoteur a confirmé agir sans permis pour les arbres sains qui ont été coupés. Le non-respect des activités actuelles de camp de vacances au Camp Bruchési a été mentionné. On offre en location des chalets à des touristes. Ceux-ci sont bien visibles lors de leurs déplacements dans le voisinage immédiat. Pour le promoteur ceci n’est pas un enjeu car ces personnes bénéficient d’activités sur le site. Il réfère les citoyens à l’opérateur du Camp. Les citoyens lui ont fait part de ses responsabilités à titre de propriétaire. De plus, l’inaction de la municipalité face aux plaintes et la permissivité au non-respect des pratiques en matière de location de chalets, le bruit, la circulation automobile et activités commerciales ont été souligné par plusieurs personnes.

La plus grande surprise de la rencontre a été d’apprendre qu’un certificat d’autorisation pour le projet a été accordé en juin par la municipalité. Les gens questionnent pourquoi il n’y a pas eu de consultation. Lors de la présentation, M. Desroches nous a fait part qu’il était tout à fait au courant du zonage lors de son achat et qu’il n’enfreignait aucune règle avec son projet.

À la suite de la rencontre, nous avons consulté le certificat d’autorisation émis par la municipalité le 6 juin dernier. Il est intéressant de noter que le certificat a été émis le même jour que les documents ont été reçus. De plus, l’entête est erroné car on y mentionne que c’est un changement d’usage de nature unifamilial/résidentiel. Il n’y a aucune description des installations qui vont être construites, le type de clientèle, les forfaits offerts. Malgré ce manque d’informations clés pour déterminer le zonage applicable, le certificat catégorise l’usage comme un camp de vacances. Le maire a mentionné avoir une opinion légale qui supporte cette conclusion.  Cependant, malgré de multiples demandes, celle-ci n’a pas été rendue publique.

Regroupons-nous en tant que citoyens de St-Hippolyte et faisons-nous entendre auprès des dirigeants de notre municipalité. Nous demandons au maire une réunion publique sur le respect du zonage et de l’affectation ainsi que nous divulguer si une étude a été faite sur l’impact urbain, social et environnemental pour ce projet d’envergure. Si oui, de rendre ce document public. Préservons notre patrimoine.

 

St-Hippolyte, doit demeurer Belle Naturelle!

Citoyens soucieux: Louise Roy, Claude Laboisseret, Diane Savoie, Linda Roy, Claude Huneau, Viviane Racicot, Pierre Desbiens, Richard Desbiens, Louis Poulin, Neil Kopik, Lise Dionne, Alain Brunet, Josée Haeck, Jean Verdon, Marie-Chantale Lavigne, Carole Bonneau, Jacques Bourget, François Parizeau, Carmen Dion, Sylvie Sénécal, Michel Thériault, Diane Landry, Michel Roy, Louise et Claude Simon, Jacques Goedike, Nathalie Martinole, Peter McLean, Lindsay Cheeseman, Suzanne Handfield, Line Laframboise, Daniel Rouette, Francois Dinel, Kelly Conrick, Joseph Farinacci.