
En 1990, j’ai 40 ans, et je suis déjà en affaires depuis quatre ans! En effet, j’ai fondé en 1986 l’Agence Louise Benoit inc.qui offre du personnel professionnel pour événements à Montréal et en région. Ce sont des agents d’information, communément appelés Hôte et Hôtesse. Pour tous genres d’activités.
J’ai moi-même été hôtesse, entre autres pour Danielle Ouimet dans les années 80. Mes clients sont des promoteurs de salon (Auto, Habitation, Vin et Spiritueux, Ski, de la Femme, etc.), des propriétaires d’événements corporatifs (Dégustations de chocolat Godiva, de bière Brasal, Seagram au Tennis Parc Jarry), des lancements et ouvertures (Centre Eaton, Centre Bell, Gala Publicité Club, Gala Gaz Métropolitain, 50e Union des Artistes, etc.) et j’en passe.
J’ai une équipe d’hôtes et d’hôtesses super qualifiée, qui fait honneur à mon agence. Je les recrute par références d’amies ou alors je les invite personnellement à travailler pour mon agence quand je les vois soit dans des restos ou alors dans des bars. Des gars et des filles souvent aux études ou alors jeunes parents d’enfants en bas âge. Doués avec le public, avec une bonne éducation et élocution, se sont de parfaites recrues pour mon agence. Cette agence, je l’ai bâtie avec mon cœur et mon goût de l’événementiel. Et mon personnel super compétent aime travailler avec le public et le public est toujours ravi d’être servi par des professionnels.
L’année 1990 me réserve une surprise de taille!
Et voilà qu’à l’été 1990, assise sur la terrasse de la Moulerie, rue Bernard à Outremont, je sirote un bon vin blanc tout en regardant passer les flâneurs en cette belle journée de juillet. Mon agence roule à fond de train. J’aime mon métier, mes employé(es), j’ai mon bureau à la maison. La belle vie, quoi! Et alors que je vois passer plein de bébés en carrosse, poussé par maman ou papa, j’ai un FLASH incroyable!
Moi qui œuvre depuis toutes ces années dans les salons, je décide à ce moment de créer un salon pour les parents… ce qui n’existe pas à Montréal. Ce sera Mon salon!!! Baptisé Salon Maternité Paternité Enfants. Et je m’associerai avec une hôtesse de l’époque, Cristina Romero (Les Projets Benoit et Romero), qui voyait bien le potentiel d’affaires et travailler à deux était une bonne idée. Notre association durera dix ans.
Et hop! La machine est en marche. On fera notre premier salon à la Place Bonaventure, le meilleur endroit à Montréal. On mettra deux ans à convaincre et intéresser de futurs exposants et commanditaires. Et ça marche! Le Groupe Jean Coutu, Heinz purée de bébé, et le magazine Châtelaine embarquent d’emblée. On suivra une grossesse pendant neuf mois dans ce magnifique mensuel dirigé à l’époque par Micheline Lachance, devenue écrivaine et décédée depuis.
Le bouche-à-oreille fait effet. Le premier salon aura lieu en mai 1993 avec pas moins de 70 exposants. Succès immédiat. Et les années suivront de plus belle. S’ajoutera en 2014 la ville de Québec. Jusqu’en 2020, le salon répond à un besoin vital pour toutes ces familles du Québec. Des milliers de visiteurs fouleront les allées de notre salon et l’industrie de la petite enfance, avec pas moins de 350 exposants, sera comblée par ce salon, impeccable dans son organisation, avec une image professionnelle. Ce n’est pas un marché aux puces du bébé que j’ai créé. On fait la une des journaux et nos porte-parole qu’on engage (Claire Pimparé, Mariloup Woolfe, Marie Élaine Thibert et bien d’autres) seront nos passeports pour la réussite. On a du flair, de l’instinct et avec fierté, notre salon fait ses preuves.
Un imprévu planétaire surgit
Nous sommes début janvier 2020. Je suis seule à la barre de mon salon depuis l’an 2000. Tout roule pour le salon qui aura lieu en avril. Une 28e et 7e édition à Montréal et Québec. Et partout à la télé, radio et journaux, j’entends parler d’une épidémie en Europe. Et en février, cela devient une réalité, entre autres en Italie. Je ne pense pas réellement que cela arrivera en Amérique. Cela s’intensifie et, début mars, ce Coronavirus frappe le Québec. C’est devenu une pandémie planétaire. Le PM François Legault invite les gens à la prudence et le masque est proposé à tous les citoyens.
Au bureau, ma coordonnatrice Josée, mon agent de développement Johanne, et moi, on s’inquiète… et arrivera le 12 mars fatidique. Tout est mis sur pause… les écoles, les universités, les restaurants, les places publiques, les cinémas, les théâtres, les centres sportifs, bref, tous tous tous sur ordre du PM fermeront leurs portes. Les salons aussi, bien évidemment. Je me vois alors désemparée et sur le choc. Le salon de 2020 n’aura pas lieu. Il devait se produire en avril… à presque trois semaines du 12 mars. Les exposants et commanditaires sont aussi surpris et bousculés par l’ampleur de ce phénomène. C’est la catastrophe! Et comme on n’a pas le choix, tout s’arrête en ce qui me concerne. Le gouvernement met en place des programmes financiers pour entrepreneurs. Je serai aidée. Et dans mon cas, le salon sera en arrêt jusqu’en 2024. J’aurai pendant ce temps remboursé les exposants de 2020, et j’aurai eu la chance de passer le flambeau à un couple de gens d’affaires. Ils auront remis en marche ce salon et le produiront à nouveau au printemps 2024 au Palais des Congrès. Et en 2025, aussi et bientôt en 2026!
Un deuil professionnel à vivre
Ce virus baptisé COVID fera énormément de dommage : des décès dans plusieurs CHSLD, des faillites chez certains commerçants, des dépressions chez beaucoup de personnes fragiles. Les Québécois seront bouleversés et isolés dans leur maison. Une situation assez stressante à tout point de vue. De mon côté, j’ai dû faire mon deuil de mon entreprise. Et je l’ai vécu au jour le jour. Ma famille, mes amis m’ont supportée et je vous dirais que le tennis, mon sport favori, m’a bien aidé à traverser cette épreuve. Aujourd’hui, presque six ans plus tard, je réalise à quel point le travail accompli m’a comblée et je regarde l’avenir avec un certain sourire. Et depuis que j’écris dans le journal Le Sentier, mon esprit demeure créatif, occupé et la rencontre de nouvelles personnes me remplit de joie.
Sur ces derniers mots, je souhaite à vous tous, chers lecteurs, des moments remplis de joie, de compassion face aux aléas de la vie et de l’empathie envers vos proches. Cette pandémie nous a fait prendre conscience que la vie… est si fragile!

