• Accueil
  • >
  • Article
  • >
  • Nidification du Canard branchu : dix ans après l’installation des nichoirs

Nidification du Canard branchu : dix ans après l’installation des nichoirs

Charles Charron a toujours été un citoyen engagé. Autrefois, c’était à titre de commissaire scolaire ou en tant que conseiller municipal de la municipalité de Saint-Hippolyte. Aujourd’hui, il est vice-président de la Société de plantes alpines et de rocaille du Québec. Sa propriété est un jardin resplendissant. La raison de cette beauté est qu’il y travaille depuis nombre d’années. En plus d’être un jardinier hors pair, il a aussi eu l’idée d’un projet d’aide à la nidification du Canard branchu.

 

Un homme bien renseigné

Avant de concrétiser son idée, il s’est longuement renseigné. Il a visité des endroits où des groupes installaient des nichoirs pour ce canard barboteur, entre autres La Société d’aménagement de la baie de Lavallière. Il a étudié les plans pour fabriquer ces nichoirs assez imposants et a voulu répondre au fait que ce canard qui niche dans les arbres tout près des cours d’eau est de moins en moins présent dans la région. Il y a eu L’homme qui plantait des arbres, mais à Saint-Hippolyte, nous avons L’homme qui fournit un nid aux oiseaux.

 

Un projet d’envergure

Au début, Charles était membre du Club de plein air de Saint-Hippolyte et c’est au nom de cet organisme que ce projet a démarré. Comme ce club a cessé d’exister, c’est en son nom personnel qu’il continue d’œuvrer pour donner un habitat de choix aux oiseaux le long de certains de nos lacs et marais. Le tableau ci-joint vous permettra de voir à quel point Charles a travaillé avec constance et diligence tout au long de la dernière décennie. Bien sûr, il a fallu qu’il fasse des représentations auprès des propriétaires afin de demander la permission d’installer un ou des nichoirs.

 

Une fois le nichoir construit et installé1, rien n’est terminé. Au contraire, tous les ans, à l’automne ou pendant l’hiver, il visitera accompagné de certains bénévoles, chacun des nichoirs afin de vérifier s’il y a eu nidification. Il comptera le nombre d’œufs à partir du nombre de membranes et de coquilles contenus dans le nichoir et verra s’il y a présence de duvet, ce qui authentifiera s’il y a eu ou non nidification. Parfois les oiseaux ont été dérangés ou n’ont pas niché, parfois la saison de reproduction a été fructueuse.

 

Le Harle couronné

Ce qui est important de noter, c’est qu’au tout début c’était le Canard branchu qui se servait plus fréquemment des nichoirs pour pondre et couver ses œufs. Puis, à partir de la 3e année, le Harle couronné, un canard plongeur qui est aussi arboricole, est devenu de plus en plus présent.

Un peu de philosophie

Charles entrevoit la vie avec philosophie. Il n’était surtout pas question d’être déçu de voir que le Canard branchu se faisait damer le pion par le Harle couronné. L’important, c’est d’offrir un gîte à un oiseau migrateur et sauvage qui se sert des constructions humaines pour élever sa progéniture.

 

Et nous pouvons affirmer que ce projet est une belle réussite. Il est vrai que le Canard branchu apprécie les grands espaces non loin du fleuve où plusieurs dizaines de ces oiseaux peuvent utiliser les nichoirs de bois construits spécialement pour eux. De grands marais sont plus rares à Saint-Hippolyte. Il ne faut pas oublier également que le développement résidentiel et la coupe d’arbres peuvent gêner le Canard branchu qui a l’habitude d’être discret. Le Harle couronné semble un peu moins farouche. Il n’a pas de difficulté à trouver sa place.

 

Voir des Canards branchus de près…

Charles Charron n’avait jamais vu un Canard branchu à l’état sauvage. J’ai pu remédier à ce manque. Le matin du 8 avril, Charles et moi nous nous sommes dirigés vers le parc Bernard-Landry de Laval, situé non loin de la rivière des Prairies. Je savais que le branchu y serait. Effectivement, Charles a pu admirer au moins huit de ces canards autant mâles que femelles. Leurs couleurs sont étincelantes et si bien réparties sur le corps de l’oiseau. La femelle, plus brune, possède une sorte de lunette blanche sur l’œil, ce qui ajoute à son charme. Longue vie au projet de nidification des canards arboricoles mis en place et toujours chapeauté par notre collègue citoyen Charles Charron!