Rencontre de trois artistes de chez nous


Nos trois artistes, de gauche à droite : Marie Daoust, Claudette Domingue et Jocelyne Cassagnol.

Après avoir visité l’exposition Les oiseaux de Morin-Heights le 22 mai, j’ai voulu en connaître davantage sur les motivations des trois artistes hippolytoises qui ont participé à cet événement d’envergure. J’ai donc rencontré Jocelyne Cassagnol, Marie Daoust et Claudette Domingue un après-midi de juin afin de leur poser quelques questions.

J’ai commencé par demander à ces artistes engagées de me dire d’où leur venaient cet attrait et cette sensibilité pour les oiseaux. Voici ce qu’elles me répondirent à tour de rôle.

ScreeSculptures réalisées par Jocelyne Cassagnol :
À gauche, Être un oiseau. Au centre et à droite : Parade nuptiale

Jocelyne

Pour Jocelyne, trois sources l’ont mise en contact avec le monde des oiseaux. La première est une source affective. Son grand-père l’a initiée aux chants des oiseaux qui vivaient près de chez elle lorsqu’elle était jeune. La deuxième source est d’ordre esthétique.« À les voir, à les observer, on vit des moments de plénitude », m’a-t-elle dit. Et en dernier lieu, il y a l’environnement. De les reconnaître en fonction de leur milieu de vie, mais aussi de s’inquiéter des menaces qui pèsent sur eux. Pourquoi Jocelyne ne voit-elle plus d’engoulevents l’été et de sizerins en hiver?

Pour l’exposition, Jocelyne s’est laissé inspirer par l’intelligence de la corneille et par la famille des Corvidés en général. Le héron est aussi un oiseau qu’elle admire, un oiseau patient qui attend tout près d’une eau calme. En utilisant plusieurs médiums, elle se laisse toucher par les beautés de la nature pour ensuite entreprendre son processus de création.

Claudette

La clarinette et le Bruant chanteur, partie prenante de la courtepointe réalisée par Claudette Domingue.

Claudette Domingue est une artiste visuelle qui aime observer les oiseaux. Elle fait partie de la scène artistique hippolytoise depuis des lunes, depuis l’exposition Montagne-Art, qui a été un événement phare à Saint-Hippolyte pendant 30 ans. Elle était aussi une artiste engagée dans la Maison de la Culture de Saint-Hippolyte, ouverte grâce au soutien de Pierre Brisson, alors directeur des Loisirs. Plus de 40 personnes s’y rendaient lors des vernissages qui eurent lieu de 2005 à 2011.

Claudette est musicienne, elle est donc sensible au chant des oiseaux. La liberté que leur vol représente est aussi un attrait pour elle. Elle a appris le piano lorsqu’elle était très jeune et ses trois enfants ont eu une formation musicale. Claudette est reconnaissante d’avoir baigné dans un monde musical. Dans une de ses œuvres, elle allie l’instrument de musique au chant de l’oiseau en réalisant une courtepointe de 10 mètres sur laquelle elle a travaillé tous les jours pendant trois mois! Cela lui a procuré un bien-être inouï! Avec la création, Claudette s’immisce, jour après jour, dans l’instant présent.

Marie

Sculpture de verre de Marie Daoust

Pour Marie Daoust, elle a tant aimé les arts qu’elle a décidé de faire des études artistiques à l’université. Elle se concentre sur la gravure, la reliure d’art et la sculpture. Le projet de Morin-Heights est un projet d’apprivoisement des oiseaux qui font partie de son environnement hippolytois. Elle utilise l’application Merlin pour reconnaître les chants autour de chez elle, tout près du lac aux Rats. C’est d’ailleurs à cet endroit qu’elle a perçu le cri étonnant du Butor d’Amérique! L’œuvre qu’elle a présentée à Morin-Heights est une sculpture qui met en lumière l’intervalle entre les formes. L’objet sculpté projette sur le mur une ombre, des formes, de la transparence. Elle a voulu insuffler de la liberté à l’œuvre, de l’espace. La sculpture nous laisse entrevoir un nid, un globe terrestre où la migration de l’oiseau peut être possible. Le polissage de la sculpture a nécessité l’utilisation de papiers sablés de numéro 120 jusqu’à certains très fins de numéro 4000!

L’Atelier de l’île

Comme toute personne qui crée, Marie, Claudette et Jocelyne ont des idées en tête pour continuer leur parcours artistique. L’Atelier de l’île (ADI) de Val-David est un carrefour de création qui leur permet de rencontrer d’autres artistes tout en pouvant utiliser du matériel sur place. Elizabeth Whalley, responsable de l’exposition de Morin-Heights, investit temps et énergie dans cet atelier et elle agit même à titre de vice-présidente de l’organisme. L’Atelier de l’île a fêté récemment ses 50 ans d’existence! Pôle culturel par excellence qui attire non seulement ces Hippolytoises, mais des artistes d’ailleurs également. Les projets qui sont conçus sur place en art imprimé peuvent être déposés sur le site de la Grande Bibliothèque (BANQ), ce qui est une véritable fenêtre de reconnaissance pour tout artiste!

En terminant, Jocelyne a mentionné qu’elle avait commencé la production d’un livre-objet qui se nommera Les petits matins. Ce sont des moments d’émotions illustrés en gravures. Il y en aura 80 au final et Jocelyne en a déjà créé 18.L’inspiration continue d’être présente pour ces trois artistes de chez nous.

Affiche présentant l’exposition Battements d’ailes qui eut lieu à la Maison de la culture de Saint-Hippolyte en août 2007.