Le lendemain de l’éclipse solaire totale, le 9 avril, les journaux ont fait d’excellents résumés de ce que les gens ont vu et ressenti durant ces deux heures uniques et bien spéciales. Les articles que j’ai préférés sont ceux qui relataient ce que des élèves ont vécu à même leur environnement scolaire. Il en était ainsi de l’école primaire des Sentiers de Saint-Apollinaire et de l’école Notre-Dame-de-la-Paix située à Saint-Simon. De voir l’émerveillement se manifester par le regard des enfants était tout simplement émouvant!

 

 

À commencer par la décroissance

Ici, à Saint-Hippolyte, nous nous sommes déplacés sur le quai encore enneigé, là où les chaises Adirondack étaient prêtes à être utilisées pour assister au spectacle. Les lunettes de protection nous ont permis de bien visualiser la décroissance du Soleil puis sa croissance éventuelle. Nous n’étions pas dans la ligne de mire de l’éclipse totale avec possibilité de voir la couronne solaire lorsque la lune cacherait la boule de feu. Cela aurait pu nous permettre de remarquer la chromosphère1, qui se présente sous la forme de petites taches rosées visibles autour de la couronne solaire. De plus, nous aurions aussi pu être en présence de la planète Vénus qui était visible légèrement sous le Soleil.

 

Un éclairage sinistre

Néanmoins, lorsque la décroissance du Soleil a atteint sa presque totalité, est survenu un éclairage différent et sinistre tout autour de nous. La neige qui recouvre entièrement le lac n’était plus blanche comme au début de l’éclipse, mais est devenue de couleur grisâtre. Le ciel aussi s’est assombri et aucun oiseau ne chantait à l’horizon. Une paix profonde était perceptible pendant ce court laps de temps avant que les astres cessent d’être alignés.

 

Le temps de voir et de vivre

Dans notre monde où tout se vit à un rythme effréné, il peut être si difficile de prendre un temps d’arrêt et de silence. Pensons seulement au matin du 8 avril quand des milliers d’automobilistes, partant trop tardivement pour se rendre à Montréal ou en Estrie pour être aux premières loges, ont raté l’occasion de vivre un moment de grâce et de contemplation naturelle. Ce que j’apprécie de cette éclipse, c’est la précision des pronostics scientifiques qui nous ont guidés à la minute près sur ce que nous allions voir. De plus, même si certains humains pensent que tout ne va jamais assez vite, la nature nous a proposé un phénomène qui ne se déroulait pas rapidement dans le temps et que nous avions alors tout le loisir d’observer avec attention, et ce, sans empressement.

 

Il y aura d’autres éclipses totales du Soleil, mais avant que le centre d’intérêt touche le Québec et la ville de Montréal, il faudra attendre bien des lunes. Et si cette éclipse pouvait être l’occasion d’humaniser davantage le monde, de nous occuper avec ardeur et compassion de notre unique planète, l’événement en aura valu la peine…

 

  1. Chromosphère : Partie superficielle extérieure de la couronne solaire.