
En ce mois de janvier 2026 plutôt froid, toujours blanc et qui sera long à passer, je vous emmène loin de chez vous pour un merveilleux voyage! Vous serez ébahis tout comme je l’ai été en cette année 2014. Oui, on retourne en arrière et ne vous inquiétez pas… ce sera gratuit pour vous et vous serez en première classe!
D’abord, je dois vous dire avant de débuter ce périple que j’ai traversé un cancer, diagnostiqué en janvier 2013. Je vous évite l’explication en long et en large de cette maladie, dont je suis bien remise. Ce sera pour une autre chronique. Alors, suivez-moi!
18 juillet 2014
Seule, je quitte ma maison avec ma petite voiture sport : direction le port de Montréal. Le soleil et le ciel bleu sont au rendez-vous. J’y arrive tôt en après-midi. Des Laurentides, une heure de route et hop je me sens déjà en vacances. J’ai stationné ma voiture et les membres de l’équipage me dirigent vers le magnifique bateau CTMA, accosté gentiment, et qui m’attend toute passerelle ouverte. Il y a d’autres personnes enjouées tout comme moi. Je ne serai pas seule sur ce bateau. Nous serons environ 200 passagers et nous voguerons jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine. Une destination rêvée et organisée que je me propose entre deux traitements de chimio. Ce sera un voyage à la fois apaisant, ressourçant et spirituel. Voguer sur le majestueux fleuve Saint-Laurent me fera profondément aimer mon pays, le Québec et me rendre compte de l’immensité de ce fleuve et de notre québécitude.
Je monte à bord, j’ai des frissons de bonheur. J’ai comme bagage le nécessaire et aussi tout mon corps et mon esprit sont en alerte pour savourer ce voyage. Je ne pense plus à la maladie. Mon premier regard se porte sur les Madelinots qui nous accueillent à bras ouverts comme si on était de la famille. On me remet ma clé de cabine avec de l’information pertinente et je découvre cette cabine, petite vraiment, avec un hublot, mais si invitante et déjà je m’approprie cet espace. Je m’installe tranquillement. Le temps ne compte plus. Il n’y a plus de presse. Je vis ce moment béatement. Ce moment présent qui perdurera tout au long de ce fameux voyage.

C’est un départ
Et vers 15 heures, je me trouve sur le pont avec les autres voyageurs et voilà que le bateau quitte dans un bruit réconfortant. Le spectacle m’enchante. Habitat 67 que l’on frôle presque, le pont Jacques-Cartier, sous lequel ce grand bateau passera, la zone de la Ronde et la Grande Roue nous sourient. Que c’est beau! Je n’ai pas assez d’yeux pour tout voir. Et plus loin, le fleuve s’élargit pour nous recevoir, nous les marins d’eau douce en quête de bonheur. Ma première journée sur ce bateau se déroule très bien. Je visite tous les recoins et le souper sera servi dans une belle salle à manger. À la table, on partage un bon repas et je fais connaissance avec quelques voyageurs. Vers minuit, Le Château Frontenac de Québec nous apparaît tout lumineux. Nous sommes quelques-uns sur le pont et le spectacle en vaut la peine. Je dormirai ma première nuit comme un bébé!

Une amie m’attend
Le bateau vogue doucement sur ce magnifique plan d’eau. La température est idéale. On y verra des éoliennes et même des bélugas. Sur le bateau, des activités sont proposées : un salon de coiffure, une mini salle de cinéma, un atelier d’écriture, des soirées avec chansonniers pour égayer les voyageurs. On arrivera aux îles le dimanche midi. Cap-aux-Meules sera le port d’attache pour trois jours. Mon amie Nicole, artiste réputée qui a sa galerie d’art À Marée Basse à Havre aux Maisons, m’attend au port. Elle me fera visiter les îles avec sa jolie décapotable. Un sentiment de totale liberté m’envahit quand je vois tout ce décor fabuleux : de jolies maisons colorées, des plages invitantes, où d’ailleurs je me suis baignée, de l’espace et ce vent qui caractérise les îles me fouette un peu le visage.
Je passerai trois jours aux îles à voir, sentir et participer à quelques sorties offertes par CTMA. Visites entre autres de la mine de sel, de l’usine de hareng fumé, un dîner aux homards dans un beau restaurant. Je verrai même dans un resto-bar le spectacle de Bobby Bazini, en vedette et au passage je saluerai Alex Nevsky, présent aussi ce soir-là. Sur le bateau, on fait de plus en plus connaissance entre nous et des amitiés se forment tout naturellement. Il m’arrive aussi de rester seule sur le pont, bien assise pour contempler, méditer et m’imprégner de ce moment unique. Un séjour trop court… et le mercredi suivant, on quitte Cap-aux-Meules pour revenir à Montréal. Un arrêt sympathique à Chandler, et on aura le temps d’aller à Percé en van. J’y mangerai une guédille au homard, face au rocher Percé. J’y étais déjà allée en 1969 avec une copine. On avait vu l’homme marcher sur la lune cet été-là. Que de souvenirs!
Faut bien revenir
Le retour se fait tranquillement et il est aussi porteur de joies et de plénitude. Je me sens bien et au retour je pourrai reprendre ma routine de vie. Un autre arrêt, celui-là à Québec. Je me promènerai dans le Vieux-Québec et je regarderai l’autre rive : Lévis, cette jolie ville où je suis née en 1950! Alors, le temps file et on rembarque sur ce beau bateau. Les Madelinots vont me manquer. Gentillesse et bienveillance sont des mots qui leur collent à la peau! Et le vendredi matin, on accoste à Montréal. Tout le monde se dit au revoir, on sort nos bagages et hop, déjà dans ma voiture, je roule vers chez moi! À midi j’y suis… et déjà je ressens une grande paix. Jamais je n’oublierai ce magnifique voyage et je remercie la vie. Je me dis aussi que tous les Québécois devraient un jour voguer sur ce fleuve et aller vers les Îles-de-la-Madeleine. Si belles et si riches d’histoires.

